SÉJOUR DANS LES MONTS FUCHUN (Gu Xiaogang)

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L’impermanence des choses

Cependant, le projet s’avère beaucoup plus ambitieux. Le titre est emprunté à une célèbre peinture de Huang Gongwang, dont l’œuvre a profondément influencé la peinture chinoise. Réalisé entre 1348 et 1350, cet immense rouleau représente un paysage de « montagne et d’eau » dans la province du Zhejiang. À son image, Séjour dans les monts Fuchun se déroule autant qu’il se regarde. Le cinéaste orchestre de longs travellings qui reproduisent le voyage du regard sur le papier. La caméra devient un pinceau qui dévoile la nature, les toitures et les personnages, minuscules dans le panorama. Le film est habité par ce même sentiment de la solitude des hommes face à la grandeur du cosmos. Il obéit aussi au tempo largo du Fuchun, fleuve omniprésent, havre de loisir ou de séduction pour la jeunesse, lieu de labeur pour pêcheurs et bateliers.

De ces paysages « de montagne et d’eau », Victor Segalen écrivait dans Peintures : « Tout ceci daigne apparaître. Mais sachez bien, d’un souffle, tout ceci peut disparaître. » Séjour dans les monts Fuchun raconte précisément ce monde livré à l’impermanence des saisons autant que de l’histoire. Une fragilité que compensent la force de la culture chinoise et la vigueur de canons esthétiques qui résistent, pareils aux arbres secoués par l’hiver qui refleuriront au printemps.

En 2019, Gu Xiaogang présentait Séjour dans les monts Fuchun comme le premier volet d’une trilogie. Le rouleau n’a pas de fin, la vie poursuit son cours le long du Fuchun.

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Adrien GOMBEAUD, « SÉJOUR DANS LES MONTS FUCHUN (Gu Xiaogang) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 28 septembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/sejour-dans-les-monts-fuchun-gu-xiaogang/