SARAJEVO (JEUX OLYMPIQUES DE) [1984]Contexte, organisation, bilan

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Trois villes se portent candidates à l'organisation des XIVes jeux Olympiques d'hiver de 1984 : Sarajevo (Yougoslavie), Sapporo (Japon) et Göteborg (Suède). Le C.I.O. tient sa quatre-vingtième session à Athènes du 17 au 20 mai 1978, la journée du 18 mai étant consacrée à l'élection des cités qui accueilleront les Jeux d'été et d'hiver de la XXIIIe olympiade. Pour les Jeux d'été, la question sera vite réglée, car seule Los Angeles a présenté un dossier. Sapporo a reçu les Jeux d'hiver en 1972 ; il semble a priori peu probable que ces Jeux reviennent déjà dans la métropole de l'île d'Hokkaid̄o. C'est oublier un peu vite que Denver, choisie en 1970 pour les Jeux de 1976, s'est désistée en novembre 1972, qu'il a fallu transférer en toute hâte les Jeux à Innsbruck – qui les avait reçus en 1964 –, la ville tyrolienne s'acquittant parfaitement de sa tâche. À l'image d'Innsbruck, le savoir-faire de Sapporo n'est plus à démontrer ; en outre, la quasi-totalité des infrastructures nécessaires sont déjà construites. Pour le C.I.O., la solution japonaise constitue un gage de sécurité : aussi, au premier tour de scrutin, Sapporo arrive en tête, avec trente-trois voix, Sarajevo en recueillant trente et une, alors que Göteborg (dix voix) est éliminée. Mais Sarajevo prépare depuis 1970 son dossier : dans le cadre d'un projet dénommé « La Protection de l'environnement et de l'homme », la ville s'est transformée et modernisée ; avec les Jeux, la cité bosnienne, entourée de massifs montagneux à l'enneigement abondant, pourrait donner une nouvelle impulsion au tourisme hivernal. Le C.I.O., qui en 1974 a pour la première fois accordé les Jeux d'été à un pays communiste (Moscou, 1980), se montre sensible aux arguments de Sarajevo, qui est élue au second tour de scrutin, avec trente-neuf voix, contre trente-six pour Sapporo.

Le comité d'organisation, présidé par Branko Mikulic, se met rapidement en place. Il définit tous les besoins, choisit les sites des compétitions ; les travaux débutent dès 1979. Le stade Kosevo, construit en 1947 au cœur de Sarajevo, est rénové : quarante-cinq mille spectateurs peuvent assister dans cette enceinte à la cérémonie d'ouverture. Le hall olympique Zetra, doté d'une patinoire ultramoderne d'une capacité de quinze mille places, est édifié pour les compétitions de patinage artistique, de hockey sur glace et de patinage de vitesse. Le centre sportif de Skenderija est rénové et agrandi : il accueille plusieurs matchs de hockey sur glace. Le mont Igman, à l'ouest de Sarajevo, est choisi pour les épreuves nordiques : deux tremplins de saut à skis sont construits près du village de Malo Polje ; les épreuves de ski de fond et de biathlon se tiennent à Veliko Polje. Pour le ski alpin, les compétitions masculines se déroulent sur le mont Bjelasnica, au sud-ouest de Sarajevo, les épreuves féminines sur le mont Jahorina, au sud de la ville. Une piste de bobsleigh et de luge est construite à Trebevic, au sud-est de Sarajevo.

Le village olympique (six cent trente-neuf appartements) est édifié dans le quartier de Mojmilo, un grand centre de presse est établi dans le quartier de Dobrinja. La Radio-télévision yougoslave (Jugoslovenska radio-televizija) est chargée d'assurer la couverture télévisuelle des Jeux : plus de trois mille personnes (techniciens, interprètes...) se mobilisent et proposent 204 heures de programmes destinés à une centaine de pays. Signe de la volonté du nouveau président du C.I.O., Juan Antonio Samaranch, d'augmenter les ressources du mouvement olympique, les droits de retransmission, qui se situaient à 21 millions de dollars pour les Jeux de Lake Placid en 1980, s'envolent et se montent à 74 millions de dollars (environ 512 millions de francs de l'époque), 90 p. 100 de cette somme étant réglés par la chaîne A.B.C., diffuseur exclusif pour les États-Unis. La « marchandisation » des Jeux se confirme également : le marketing olympique (droits télévisuels compris) fait entrer 186,3 millions de dollars dans les caisses. Le coût des Jeux est estimé à 300 millions de dollars, mais le bilan serait bénéficiaire (10 millions de dollars, selon le rapport officiel du comité d'organisation). Il est à noter une spécificité yougoslave bien dans le ton du régime communiste : parmi les recettes figure une « donat [...]

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Écrit par :

  • : historien du sport, membre de l'Association des écrivains sportifs

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Pour citer l’article

Pierre LAGRUE, « SARAJEVO (JEUX OLYMPIQUES DE) [1984] - Contexte, organisation, bilan », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 17 novembre 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/sarajevo-jeux-olympiques-de-1984-contexte-organisation-bilan/