SADOCIDES ou SADOCITES

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Membres de la famille sacerdotale qui descend de Sadoc et qui s'impose comme la seule légitime au long de l'histoire d'Israël (Ézéchiel, xl, 46 ; xlviii, 11 ; Ecclésiastique, li, 12). On les appelle aussi, en effet, « fils de Sadoc ». Celui-ci était un prêtre en fonctions à Jérusalem sous David (II Samuel, viii, 17), très dévoué à son monarque. Il appuya la candidature de Salomon à la succession au trône contre Adonias ; après la disgrâce du prêtre Abiathar, il devint le principal prêtre de Jérusalem (I Rois, i, 32-40).

Le premier livre des Chroniques (v, 34-41) donne une liste des successeurs de Sadoc à la tête du clergé de Jérusalem : il dénombre douze générations de prêtres entre la construction du Temple sous Salomon et sa reconstruction après l'Exil. De même, il y eut auparavant douze générations (v, 29-34) entre l'érection de la Tente au désert et l'édification du premier Temple. Le Temple de Salomon était donc placé au milieu de l'histoire du sanctuaire d'Israël. Cette symétrie et le caractère artificiel des listes proposées répondaient à un dessein : celui de prouver la continuité de la lignée sadocide. Dans un souci de légitimation, on rattachait la généalogie de Sadoc, dont l'origine était obscure, à Éléazar, fils d'Aaron.

De Salomon à l'Exil, le sacerdoce du Temple fut réservé aux descendants de Sadoc. Ézéchiel appelle toujours les prêtres « fils de Sadoc ». Mais, dans les textes postérieurs à l'Exil — document P du Pentateuque, Chroniques, Psaumes postexiliques —, on les nomme « fils d'Aaron ». Il est probable qu'un mouvement aaronide ait pris forme en Babylonie et que, face aux prétentions de ses tenants lorsqu'ils rentrent en Judée, les Sadocites en place se soient rattachés alors à une lignée plus ancienne que celle de Sadoc, celle des « fils d'Aaron ». Après Esdras, la situation se normalisa et tous les prêtres pouvaient être appelés « fils d'Aaron ». Les Sadocites gardèrent cependant la prépondérance, jusqu'à Antiochus Épiphane (~ 165) ; et les grands prêtres furent choisis parmi eux.

On retrouve les « fils de Sadoc » dans la communauté de Qumrān ; celle-ci appartenait aux prêtres, qui étaient rattachés à Sadoc par le biais d'une interprétation symbolique d'Ézéchiel, xliv, 15. Le rôle accordé à ces prêtres sadocides dans l'Écrit de Damas (iv, 1 ; v, 5) a été souligné par le premier éditeur de ce document, trouvé d'abord à la Génizah du Caire, S. Chechter, qui l'intitula, en effet, Zadokite Work (Fragments of a).

—  André PAUL

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Œuvre juive dont deux fragments (les manuscrits A et B, en partie se recouvrant et en partie se complétant, déposés à la bibliothèque de l'université de Cambridge et datés du x e ou du xi e siècle) ont été découverts à la Génizah du Caire, en 1896. Ces feuillets ont été publiés par Schechter, en 1910, sous le titre Fragments of a Zadokite Work , d'où le nom : Écrit (ou Document ) sadocite qu'o […] Lire la suite

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André PAUL, « SADOCIDES ou SADOCITES », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 23 novembre 2020. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/sadocides-sadocites/