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DAMAS DOCUMENT DE

Œuvre juive dont deux fragments (les manuscrits A et B, en partie se recouvrant et en partie se complétant, déposés à la bibliothèque de l'université de Cambridge et datés du xe ou du xie siècle) ont été découverts à la Génizah du Caire, en 1896. Ces feuillets ont été publiés par Schechter, en 1910, sous le titre Fragments of a Zadokite Work, d'où le nom : Écrit (ou Document) sadocite qu'on leur donne parfois (ces textes désignent, en effet, par la formule « fils de Sadoq » les membres de la communauté concernée) ; on leur donne encore le titre de Document de Damas à cause de cette autre appellation de la même communauté : la Nouvelle Alliance au pays de Damas. Avant les découvertes de Qumrān, on situait le milieu et la date de composition de ce livre entre la période prémaccabéenne et les karaïtes, les hypothèses s'échelonnant ainsi sur un millénaire. Les textes de la mer Morte ont circonscrit et précisé le débat. On a pu reconnaître le Document de Damas dans des fragments des grottes IV, V et VI, correspondant au manuscrit A du Caire. (Quelques éléments représentaient par rapport à celui-ci des additions de prix.) La découverte conjointe, à Qumrān, de la Règle de la communauté, dont l'Écrit de Damas reprend en partie le genre littéraire et renforce certaines propositions, vint corroborer l'origine qumrānienne de l'ouvrage. Ce texte comprend deux parties : d'abord un commentaire du plan salvifique de Dieu dans l'histoire (chap. i à viii) ; puis une réglementation détaillée de la vie des membres de la communauté au « pays de Damas ». Une difficulté jaillit à propos de la phrase : « venir au pays de Damas » ; est-ce une désignation métaphorique de Qumrān ou bien l'allusion à une migration réelle à Damas ? Les interprétations et les datations se partagent selon l'une et l'autre de ces hypothèses. Notons que, d'après le découpage géographique de Flavius Josèphe, Damas faisait partie de la Galilée, la terre où devait se jouer le drame messianique. La teneur eschatologique du Document est très forte. L'avènement du Messie y est associé à la « venue du Maître de justice à la fin des jours ». Il y est question des « messies d'Aaron et d'Israël », d'une double figure messianique : le messie royal, « prince de la congrégation » et « rejeton de David », et le messie sacerdotal qui le précède, appelé aussi « scrutateur de la Loi ».

De bons juges ont proposé de fixer aux années qui suivirent la prise de Jérusalem par Pompée (~ 63) la rédaction de l'Écrit sadocite par l'un des principaux responsables de la communauté de Qumrān.

— André PAUL

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Écrit par

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

Autres références

  • ESSÉNIENS

    • Écrit par Raoul VANEIGEM
    • 1 223 mots

    La secte juive des esséniens, fondée vers ~ 150 et qui disparaîtra deux siècles plus tard vers 68 après J.-C., a bénéficié d'une connaissance nouvelle avec la découverte, depuis 1947, d'un nombre important de manuscrits recueillis lors des fouilles du Khirbet Qumrān, sur la rive nord-ouest...

  • SADOCIDES ou SADOCITES

    • Écrit par André PAUL
    • 450 mots

    Membres de la famille sacerdotale qui descend de Sadoc et qui s'impose comme la seule légitime au long de l'histoire d'Israël (Ézéchiel, xl, 46 ; xlviii, 11 ; Ecclésiastique, li, 12). On les appelle aussi, en effet, « fils de Sadoc ». Celui-ci était un prêtre en fonctions...

Voir aussi