HIGHTOWER ROSELLA (1920-2008)

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Danseuse sensible et virtuose, aussi forte qu'un chêne et fine comme un roseau, Rosella Hightower fut la première ballerine américaine à s'imposer sur la scène européenne. Celle dont le marquis de Cuevas avait fait un symbole de l'École classique restait, en son for intérieur, fière d'être non seulement une danseuse native des États-Unis, mais aussi une fille d'Indien Choctaw.

Née le 10 janvier 1920 à Ardmore, Oklahoma, Rosella Hightower était la fille unique d'un père Choctaw et d'une mère irlandaise, Charles Edgar et Eula May Flanning Hightower. Son père travaillant dans les chemins de fer, la famille déménage à Kansas City (Missouri). C'est là qu'elle prend ses premiers cours de danse. Sa mère a décidé de l'inscrire après avoir constaté que sa fille, alors âgée de sept ans, remportait tous les concours de charleston et de claquettes. Rosella fait son apprentissage classique avec Dorothy Perkins, qu'elle retournera voir souvent au cours de sa carrière pour recueillir ses conseils.

En 1937, Les Ballets russes de Monte-Carlo, dirigés alors par le colonel de Basil, passent à Kansas City. Frappé par le talent de la jeune danseuse, Léonide Massine l'invite à rejoindre la compagnie. Elle s'embarque, à ses propres frais, pour Monte-Carlo et arrive sur la Riviera pour découvrir qu'elle n'a aucun contrat, mais doit passer une audition. Naturellement, elle sera engagée dans la troupe. Travailleuse acharnée, apprenant vite, elle affine son style et sa technique : un équilibre sur pointes impressionnant, une vigueur dans les sauts, une facilité dans les tours, alliés à un sens dramaturgique, qui la placent vite au premier rang. Elle danse ses premiers duos avec André Eglevsky qu'elle retrouvera comme partenaire attitré dans plusieurs des compagnies où elle sera ensuite engagée. Elle travaille avec la chorégraphe russe Bronislava Nijinska, qui restera pour elle une référence absolue et qui lui apprendra l'importance du rythme dans la danse. La guerre interrompant la carrière des Ballets russes de Monte-Carlo, Rosella Hightower retourne aux États-Unis et s'installe à New York. Elle participe aux débuts de l'American Ballet (qui deviendra par la suite l'American Ballet Theatre), qu'elle intègre en 1941. C'est à ce moment-là qu'elle est remarquée par le critique John Martins et que le marquis de Cuevas lui propose d'entrer dans sa compagnie. Mais, en 1946, elle rejoint la troupe du colonel de Basil, rebaptisée Original Ballet Russe. Le 20 mars 1947, elle remplace au pied levé la grande étoile Alicia Markova dans le rôle-titre de Giselle, qu'elle apprend, selon la légende, en seulement cinq heures. C'est le tournant de sa carrière. Elle accepte alors d'entrer dans le Grand Ballet du marquis de Cuevas. L'une des raisons de sa décision est que son mentor, Bronislava Nijinska, chorégraphie pour la compagnie. Cette dernière crée pour Rosella Hightower Rondo Capricioso (1952) et sa fameuse version de La Belle au bois dormant (1960), l'un des rôles phares de Rosella qu'elle transmettra ensuite à des générations de danseuses. L'étoile américaine brille également dans Piège de lumière (1952), une création du chorégraphe John Taras. La disparition du marquis de Cuevas en 1961 et celle de sa compagnie (rebaptisée, depuis 1958, International Ballet of the Marquis de Cuevas) entraînent la fin de la carrière de Rosella Hightower, qui termine, en 1962, avec des galas donnés en compagnie de Rudolf Noureev et d'Eric Bruhn, sans doute les meilleurs danseurs du xxe siècle. Cette même année, elle ouvre le centre de danse classique de Cannes, dans le midi de la France, qui deviendra l'École supérieure de Cannes Rosella Hightower.

Pionnière en la matière, c'est la première école de danse en France à proposer un enseignement pluridisciplinaire qui comporte, outre des cours de classique, de la danse moderne, de caractère et même des disciplines annexes, témoignant de l'ouverture d'esprit et de la vision très prémonitoire de la danse qu'entretient sa directrice. Elle y forme nombre de danseurs renommés – d'ailleurs, Maurice Béjart l'invitera souvent à donner des cours dans sa compagnie –, mais surtout son école s'impose comme l'un des lieux où s'est construit la danse d'aujourd'hui. Dominique Bagouet, Jean-Christophe Maillot, Patrice Touron [...]

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Agnès IZRINE, « HIGHTOWER ROSELLA - (1920-2008) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 09 mai 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/rosella-hightower/