HAHN REYNALDO (1875-1947)

Né au Venezuela, mais arrivé à Paris à l'âge de trois ans et naturalisé français, Reynaldo Hahn, l'un des élèves favoris de Massenet, offre la quintessence de ce qu'on a coutume d'appeler « l'esprit français », avec ce que cela implique de culture, de finesse, mais aussi de légèreté. Des nombreuses opérettes qu'il a composées, Ciboulette (1923), sur un livret de Robert de Flers et de Francis de Croisset, est l'une des plus parfaites créations de ce genre ; mais il faut citer aussi Le Marchand de Venise (opéra, 1935), Beaucoup de bruit pour rien (musique de scène), Le Bal de Béatrice d'Este (suite), des pièces pour piano, et quantité de mélodies, qu'il chantait lui-même en s'accompagnant. Comme chef d'orchestre, Hahn avait la réputation d'un grand chef mozartien (exécutions de Don Juan à Salzbourg). Il fit mieux en composant, pour une comédie musicale de Sacha Guitry (Mozart, 1925), un à-la-manière-de Mozart qu'il chérissait, pastiche dont la frivolité ne doit pas donner le change. Compositeur, Reynaldo Hahn n'était que le Guitry d'une musique mondaine ; mélomane et critique, il n'était plus si léger ; ainsi quand, décelant très finement une certaine cruauté mozartienne, il notait que, certaines petites phrases de Mozart, il n'aimerait pas les rencontrer seul au coin d'un bois. Ceci explique mieux que cela la qualité de l'amitié profonde et durable qui unit Marcel Proust et Reynaldo Hahn ; pourvoyeur des découvertes et des informations musicales de Proust, son confident plus que l'inspirateur de sa recherche esthétique, il sut l'accompagner avec autant de discrétion que de dévouement dans l'aventure où s'élaborait la « Sonate de Vinteuil ». Reynaldo Hahn fut, en 1945, nommé directeur de l'Opéra ; on lui doit quelques ouvrages renfermant d'utiles conseils aux musiciens : Du chant (1920) ; L'Oreille au guet (1937) ; Thèmes variés (1946).

—  Philippe BEAUSSANT

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  • : directeur de l'Institut de musique et danse anciennes de l'Île-de-France, conseiller artistique du Centre de musique baroque de Versailles

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  • Écrit par 
  • Jean CABOURG
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Dans le chapitre « Du « recitar » florentin au « cantar » baroque »  : […] , et la sprezzatura, ou liberté du phrasé, au service de cette expressivité. C'est très opportunément que Reynaldo Hahn inscrit au cœur de sa célèbre conférence sur le chant, Comment émouvoir, ses réflexions sur le bel canto originel et sa vocation expressive. Il y rappelle avec pertinence que la virtuosité du bel canto […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/bel-canto/#i_5105

Pour citer l’article

Philippe BEAUSSANT, « HAHN REYNALDO - (1875-1947) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 23 septembre 2017. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/reynaldo-hahn/