CAPUÇON RENAUD (1976- )

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Renaud Capuçon naît à Chambéry le 27 janvier 1976 au sein d’une famille mélomane. Dès ses quatre ans, il entre au conservatoire de sa ville natale. Il intègre à quatorze ans le Conservatoire national supérieur de musique de Paris où il travaille avec Gérard Poulet et Veda Reynolds. Il y obtient en 1992 un premier prix de musique de chambre, dans la classe de Bruno Pasquier, et en 1993 un premier prix de violon. Il se perfectionne auprès de Thomas Brandis et Isaac Stern et se voit décerner en 1995 le prix de l’Académie des arts de Berlin. Membre de l’Orchestre des jeunes de la Communauté économique européenne, il est choisi par Claudio Abbado pour être, pendant trois étés (1998-2000), le violon solo de l’Orchestre des jeunes Gustav Mahler. En 2000, les Victoires de la musique le sélectionnent comme « nouveau talent de l’année » et, en 2005, lui décernent le titre de « soliste instrumental de l’année ». La SACEM lui décerne en 2006 le prix de violon Georges Enesco.

Renaud et Gautier

Sa carrière internationale est lancée : il se produit beaucoup en France, tour à tour soliste concertant et chambriste, mais aussi à Vienne, Salzbourg, Turin, Berlin, Utrecht, Jérusalem ou Singapour. Après avoir joué un Vuillaume, un Guadagnini et un Stradivarius de 1721 ayant appartenu à Fritz Kreisler, il s’exprime désormais sur un Guarnerius del Gesù de 1737, « le vicomte de Panette », que possédait Isaac Stern. Parmi ses partenaires réguliers, il convient de citer les pianistes Frank Braley, Bertrand Chamayou, Hélène Grimaud, Yefim Bronfman et Elena Bashkirova – épouse de Daniel Barenboim depuis 1988 – ainsi que les violoncellistes Edgar Moreau et son jeune frère Gautier.

Renaud Capuçon

photographie : Renaud Capuçon

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S'il a joué les grandes pages du répertoire classique avec des interprètes prestigieux, le violoniste Renaud Capuçon a également créé des œuvres de musique contemporaines, comme Jeux d'eau de Bruno Mantovani et L'Arbre des songes d'Henri Dutilleux. 

Crédits : Patrice Normand / Leextra/ Leemage/ Bridgeman Images

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Celui-ci, né le 3 septembre 1981 à Chambéry, commence à pratiquer le violoncelle à l’âge de cinq ans. Après avoir obtenu un premier prix au conservatoire de sa ville natale, il entre au Conservatoire national supérieur de musique de Paris en 1997 dans la classe de Philippe Muller et y remporte en 2000 un premier prix de violoncelle et de musique de chambre. Il se perfectionne auprès d’Heinrich Schiff et se distingue en 1999 comme lauréat du concours international de Christchurch (Nouvelle-Zélande) et du concours international André Navarra de Toulouse. Il joue un Matteo Goffriller de 1701, « l’ambassadeur », ainsi qu’un Joseph Contreras de 1746. Lui aussi conduit une brillante carrière personnelle à l’étranger – notamment aux États-Unis, en République tchèque, aux Pays-Bas et en Allemagne –, crée le concerto pour violoncelle no 2 Prières de Piotr Moss (2003) et se produit parallèlement très souvent avec son frère Renaud. Ensemble, ils réalisent la première audition de la sonate pour violon et violoncelle d’Éric Tanguy (2003), de Masques pour violon et violoncelle de Karol Beffa (2004), du double concerto pour violon et violoncelle Miroirs d’ombres de Thierry Escaich (2006) et des 24 duos pour violon et violoncelle de Jörg Widmann (2008).

De la musique avant toute chose

Renaud Capuçon fonde en 1996 le festival Rencontres artistiques de Bel-Air à La Ravoire, près de Chambéry, qui accueille les plus grands instrumentistes de musique de chambre. Il crée en 2013 le festival de Pâques d’Aix-en-Provence dont il est directeur artistique. Depuis 2016, il est également directeur artistique du festival des Sommets musicaux de Gstaad. Titulaire d’une chaire internationale de violon au Royal College of Music de Manchester, il succède à Pierre Amoyal à la Haute École de musique de Lausanne. On lui doit, en 2018, la naissance d’un nouvel ensemble à cordes, les Lausanne Soloists. L’expressivité de son jeu, son mariage en 2009 avec la journaliste Laurence Ferrari, son attirance pour le monde de la chanson et celui de la musique de film, à laquelle il a consacré un album, en font très vite en France un artiste médiatique et populaire, sollicité pour participer aux célébrations nationales. Il apparaît même dans un court-métrage (7.57 am-pm de Simon Lelouch, 2010) où il interprète, incognito, la mélodie de l’Orphée de Gluck dans une rame du métro parisien. Il n’en reste pas moins un musicien exigeant, curieux de la musique de son temps. C’est ainsi qu’il crée la sonate pour violon seul no 2 de Nicolas Bacri (1997), le trio pour piano, violon et violoncelle d’Olivier Greif (1998) – avec Jérôme Ducros et Henri Demarquette –, le concerto pour violon de Karol Beffa (2008), la Sommersonata pour violon et piano de Jörg Widmann (2010) – avec Frank Braley – et Jeux d’eau pour violon et orchestre de Bruno Mantovani (2012).

Sa discographie regroupe les grands concertos du répertoire (Mozart, Beethoven, Mendelssohn, Saint-Saëns, Brahms, Lalo, Korngold, Bruch, Bartók, Berg) sous la baguette de Daniel Harding, Alexandre Rabinovitch, Yannick Nézet-Seguin, Louis Langrée, Paavo Järvi, Lionel Bringuier ou François-Xavier Roth, avec des partenaires tels que Martha Argerich et Mischa Maisky. De nombreuses pages de musique de chambre lui permettent de croiser au disque la route de Nicholas Angelich, Emmanuel Pahud, Paul Meyer, Gérard Caussé, Michel Dalberto, Marie-Pierre Langlamet et du quatuor Ébène. Le concerto pour violon LArbre des songes d’Henri Dutilleux, enregistré en 2001 sous la direction de Myung-Whun Chung, en constitue le sommet.

—  Pierre BRETON

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Pierre BRETON, « CAPUÇON RENAUD (1976- ) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 23 novembre 2020. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/renaud-capucon/