POULIDOR RAYMOND (1936-2019)

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Le coureur cycliste français Raymond Poulidor est né le 15 avril 1936 à Masbaraud-Mérignat dans une famille de métayers alors installés dans la Creuse avant de gagner Saint-Léonard-de-Noblat (Haute-Vienne). Il reçut le surnom d'« éternel second », bien qu'il comptât à son palmarès des victoires dans le Tour d'Espagne, Milan-San Remo, la Flèche wallonne ou Paris-Nice... Sa rivalité avec Jacques Anquetil divisa la France dans les années 1960, lui valant une grande popularité et l'affectueux surnom de « Poupou ». Par la suite, ses ambitions furent contrariées par Eddy Merckx et sa carrière s'acheva, en 1977, sans qu'il eût, ne serait-ce qu'une journée, porté le maillot jaune lors de la Grande Boucle.

Raymond Poulidor est engagé par Antonin Magne pour le compte des cycles Mercier en 1960. Il se fait connaître le 19 mars 1961 en enlevant Milan-San Remo. La même année, il est champion de France sur route.

En 1962, Raymond Poulidor fait ses débuts sur le Tour de France... la main dans le plâtre, car il s'est fracturé l'auriculaire. Il réalise son premier exploit, en s'illustrant dans les cols de la Chartreuse et en s'imposant à Aix-les-Bains avec 3 minutes d'avance sur ses premiers poursuivants. Troisième à Paris, tous les espoirs lui semblent permis.

En 1964, Raymond Poulidor remporte le Tour d'Espagne (la Vuelta), le Critérium national, et se pose en concurrent direct de Jacques Anquetil dans le Tour de France. Lors de la quatorzième étape (Andorre-Toulouse), Raymond Poulidor est victime de la malchance : Jacques Anquetil se trouve distancé dans le col d'Envalira, qu'il franchit avec 4 minutes de retard ; le Tour semble avoir basculé. Mais « Maître Jacques », après une descente à tombeau ouvert, revient et, à 25 kilomètres de l'arrivée, Poulidor chute, concédant 2 minutes. Le 12 juillet, le duel atteint son paroxysme. Sur les pentes du Puy de Dôme, alors que les Espagnols Julio Jimenez et Federico Bahamontes ont pris les devants, le Normand et le Limousin se trouvent côte à côte, épaule contre épaule ; Anquetil est en difficulté, mais se porte souvent à la hauteur de Poulidor pour lui cacher son désarroi ; ce n'est qu'à 1 500 mètres du sommet que Poulidor passe à l'offensive ; mètre après mètre, Jacques Anquetil cède du terrain, mais Poulidor est parti trop tard. Au sommet, le Normand conserve son maillot jaune pour 14 secondes. Lors de l'ultime étape contre la montre, entre Versailles et Paris, Poulidor connaît une nouvelle désillusion : des suiveurs mal informés lui annoncent qu'il a gagné ; il n'en est rien. Jacques Anquetil remporte son cinquième Tour de France, Poulidor est deuxième, à 55 secondes.

En 1965, Anquetil absent, le Tour semble promis à Poulidor. Mais le Limousin se fait piéger par un nouveau venu, le jeune Italien Felice Gimondi, qui s'est glissé dans des échappées de début d'épreuve et va faire montre d'une belle autorité pour ramener le maillot jaune à Paris.

En 1966, les relations entre les deux champions qui divisent la France en « Anquetiliens » et « Poulidoristes » sont tendues à l'extrême. Dans Paris-Nice, en mars, Anquetil, devancé par Poulidor lors du contre-la-montre, renverse la situation au cours de la dernière étape. Raymond Poulidor gagne le Critérium du Dauphiné libéré. Lors du Tour de France, le duo se saborde dans les Pyrénées, en concédant plus de 7 minutes aux autres protagonistes. En fait, Anquetil n'est pas au mieux de sa forme – il abandonnera à Saint-Étienne –, mais il a entraîné Poulidor dans sa perte, favorisant la victoire de son équipier Lucien Aimar. Poulidor n'est que troisième.

En 1967, le Tour en revient à la formule des équipes nationales. Leader de l'équipe de France, Raymond Poulidor est distancé dans le ballon d'Alsace : 11 minutes, et des illusions perdues. Il se met dès lors au service de Roger Pingeon, qui remporte la Grande Boucle.

En 1968, la stratégie de l'équipe de France semble enfin en mesure d'offrir la victoire à Raymond Poulidor. Au sortir des Pyrénées, Poulidor se trouve en bonne place au classement. Mais les circonstances vont encore lui être contraires : le 14 juillet, il est renversé par un motard et doit abandonner deux jours plus tard. S [...]

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  • : historien du sport, membre de l'Association des écrivains sportifs

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Pierre LAGRUE, « POULIDOR RAYMOND - (1936-2019) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 30 novembre 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/raymond-poulidor/