GIEC (5e RAPPORT D'ÉVALUATION DU)

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Tous les cinq à six ans le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (G.I.E.C.), créé en 1988 sous l‘auspice de deux institutions onusiennes, le Programme des Nations unies pour l’environnement (P.N.U.E.) et l’Organisation météorologique mondiale (O.M.M.), nous livre son diagnostic vis-à-vis du rôle potentiel des activités humaines sur le climat. Dans son rôle d’évaluation, le G.I.E.C. s’appuie en priorité sur les articles publiés depuis le précédent rapport (2007), pour l’essentiel dans des revues à comité de lecture. Il s’est organisé en trois groupes respectivement consacrés aux éléments scientifiques (groupe I), aux impacts, aux vulnérabilités et à l’adaptation des sociétés (groupe II) et à l’atténuation du processus (groupe III). Les rapports, volumineux, de chacun de ces trois groupes sont complétés par un résumé technique plus synthétique et par un résumé pour décideurs assez court après approbation par l’assemblée plénière du G.I.E.C. (http://www.développement-durable.gouv.fr/Presentation-du-GIEC.html). Le cinquième rapport du G.I.E.C. a été publié dans son intégralité en 2014. Il inclut les rapports de ces trois groupes successivement présentés en septembre 2013, puis en mars et avril 2014, le processus ayant été finalisé en octobre 2014. Ce cinquième rapport ne laisse pas de place au doute : si notre développement continue à s’appuyer sur une utilisation croissante des combustibles fossiles, principaux contributeurs à l’augmentation de l’effet de serre, il sera extrêmement difficile – dans certains cas impossible – de s’adapter à un réchauffement qui, en moyenne, pourrait atteindre 4 0C d’ici la fin du xxie siècle.

Le rapport confirme que le réchauffement est sans équivoque. Il ajoute que nombre de changements observés depuis les années 1950 sont sans précédent dans les dernières décennies, voire dans les derniers millénaires. Ainsi, dans l’hémisphère Nord, la période 1983-2012 a probablement été la période de trente ans la plus chaude des 1 400 dernières années. Ce réchauffement affecte les différentes composantes du système climatique, atmosphère, hydrosphère (océan et fleuves) et cryosphère (glaciers et calottes polaires). Les concentrations atmosphériques du dioxyde de carbone (gaz carbonique, CO2), principal gaz à effet de serre émis par nos activités – utilisation des combustibles fossiles, déforestation, production de ciment… – continuent à augmenter. Il en va de même pour le méthane (CH4), et le protoxyde d’azote (N2O), dont les émissions sont dues pour partie aux pratiques agricoles. Le rapport conclut qu’il est fort probable que les activités humaines ont été la cause principale de ce réchauffement observé depuis le milieu du xxe siècle. De nombreux environnements sont désormais concernés : atmosphère, cycle hydrologique, océan et niveau marin, surfaces enneigées ou couvertes de glace, ainsi que certains milieux au climat extrême. Enfin, le réchauffement moyen projeté à l’horizon de 2100 est fonction du scénario d’évolution du forçage climatique ; la fourchette est large entre les scénarios, du moins au plus émetteur, et oscille de 1 0C à 3,7 0C par rapport au climat récent.

Manchot papou

Photographie : Manchot papou

Avec leur toupet blanc cernant la tête, leurs pieds orange, les manchots papous sont facilement reconnaissables. Cette espèce peut survivre dans l'eau alors que son cousin, le manchot d'Adélie, a besoin de la banquise pour se reposer. Le manchot papou vit pourtant habituellement en zone... 

Crédits : S. Estvanik/ Shutterstock

Afficher

Si le réchauffement moyen se situait autour de 4 0C à l’horizon de 2100, valeur évoquée dans le cas d’un scénario émetteur, les effets, qui pour certains sont déjà perceptibles, seraient extrêmement importants. De nombreuses variables ou phénomènes climatiques seraient affectés : précipitations, vents, cyclones tropicaux, vagues de chaleur, couverture neigeuse, banquise, glaciers, niveau de la mer qui pourrait s’élever de près d’1 mètre… Ces changements entraîneraient des risques d’inondation dans certaines régions, de sécheresse dans d’autres (en particulier dans le pourtour méditerranéen), une modification trop rapide des écosystèmes, l’accélération de la perte de biodiversité, l’acidification des océans… D’autres impacts s’ensuivraient : sur la santé, sur la production agricole et, au final, sur l’ensemble des secteurs d’activité. Le réchauffement climatique s’accompagnera de difficultés d’accès en eau dans certaines régions, de problèmes sanitaires posés par les inondations [...]

1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 3 pages

Écrit par :

  • : directeur de recherche au Commissariat à l'énergie atomique, directeur de l'institut Pierre-Simon-Laplace des sciences de l'environnement global, président du conseil d'administration de l'institut polaire français Paul-Émile Victor

Classification

Pour citer l’article

Jean JOUZEL, « GIEC (5e RAPPORT D'ÉVALUATION DU) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 25 janvier 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/rapport-d-evaluation-du-g-i-e-c-5e/