MIMOUNI RACHID (1945-1995)

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Né le 20 novembre 1945 à Boudouaou, à 30 kilomètres d'Alger, dans une famille de petits paysans, Rachid Mimouni obtient une licence de chimie, puis se consacre à son métier d'enseignant dans une école de commerce d'Alger. Son premier roman, Le printemps n'en sera que plus beau (1978), publié en Algérie, raconte, dans une construction élaborée, une histoire d'amour et de mort située à la veille du déclenchement de la guerre d'Algérie. Une paix à vivre (roman paru avec quelque retard en 1983) évoque, d'une manière encore didactique, l'Algérie euphorique des lendemains de l'indépendance. Le ton change du tout au tout avec deux romans publiés directement à Paris, Le Fleuve détourné (1982) et Tombéza (1984) : l'écriture y est puissante, violente, et n'hésite pas à aller jusqu'au bout de l'atroce ; la satire s'y fait virulente pour dénoncer les nouveaux maîtres de l'Algérie qui confisquent l'indépendance à leur profit.

Le héros du Fleuve détourné (le titre renvoie métaphoriquement à la déception des Algériens devant l'évolution de leur pays) est un ancien combattant de la guerre d'indépendance qu'on avait cru mort et qui revient au village. Mais il dérange par le regard critique qu'il porte sur cette société prétendue nouvelle, où la misère continue de régner, où le mensonge, la démagogie, la corruption remplacent les valeurs au nom desquelles avait été menée la lutte anticoloniale.

Tombéza va beaucoup plus loin dans l'horreur. Le personnage-titre, né du viol de sa mère et doté d'un physique monstrueux, agonise, frappé d'aphasie, sur le lit de fer d'un hôpital. Sa conscience confuse reconstitue son itinéraire coupable (Tombéza, ancien collaborateur des Français, a beaucoup manœuvré et corrompu pour s'assurer pouvoir et richesse) et livre au lecteur des éléments pour une analyse féroce de la folie politique et sociale algérienne.

Ces deux romans ont suscité à la fois l'agacement de beaucoup de lecteurs algériens, dont la fierté nationale se hérissait en lisant ces dénonciations sans complaisance, [...]


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SANSAL BOUALEM (1949- )

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  • Denise BRAHIMI
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Dans le chapitre « Une écriture qui évolue »  : […] Boualem Sansal n’a cessé d’avancer les mêmes idées depuis qu’il écrit. C’est plutôt dans l’écriture de ses romans qu’on peut noter une évolution et une assez grande diversité. Pendant quelques années, il exprime ses dénonciations sur un mode le plus souvent drolatique, dans un langage haut en couleur d’une franche crudité. On a parlé souvent à son propos de truculence rabelaisienne, une comparaiso […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/boualem-sansal/#i_10499

Pour citer l’article

Jean-Louis JOUBERT, « MIMOUNI RACHID - (1945-1995) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 08 décembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/rachid-mimouni/