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PRIX NOBEL DE CHIMIE 2020

Le prix Nobel de chimie 2020 a été attribué conjointement à la Française Emmanuelle Charpentier et à l’Américaine Jennifer Doudna pour « la mise au point d’une méthode d’édition du génome ». Les deux chercheuses ont en effet élaboré un outil – les « ciseaux moléculaires » CRISPR-Cas9 – qui permet d’intervenir sur une zone très précise de l’ADN génomique de n’importe quel être vivant (microorganisme, plante ou animal). L’Académie suédoise royale des sciences souligne le caractère révolutionnaire de cette technique fiable et peu coûteuse qui autorise une approche génétique dans à peu près tous les aspects de la biologie, des détails de la physiologie cellulaire aux interactions dans un écosystème, et rend envisageable, chez l’homme, la correction de maladies génétiques et le traitement de certaines maladies comme les cancers.

Un premier duo féminin récompensé par un Nobel scientifique

Emmanuelle Charpentier est née le 11 décembre 1968 à Juvisy-sur-Orge. Elle étudie à l’université Pierre-et-Marie-Curie (Paris-VI) puis à l’Institut Pasteur et soutient sa thèse de doctorat en 1995. Sa carrière se déroule ensuite à l’étranger. Elle enchaîne les stages postdoctoraux aux États-Unis avant de revenir en Europe comme directrice de recherche à l’université de Vienne en 2002 où elle reste jusqu’en 2009, avant d’être nommée professeure à l’université d’Umeå, en Suède. Elle enseigne ensuite à l’université Humboldt de Berlin en 2014, partageant son temps par ailleurs entre les universités d’Umeå, Hanovre et Brunswick. En 2015, elle prend la tête d’un groupe de recherche de l’Institut Max-Planck d’infectiologie, puis fonde en 2018 un institut Max-Planck pour la science des pathogènes, à Berlin, au sein duquel diverses fonctions universitaires s’articulent autour d’un seul et même thème de recherche : décrire la manière dont les bactéries résistent aux agressions extérieures. C’est dans ce cadre qu’elle démontre en 2011 (alors entre Vienne et Umeå) l’importance de molécules d’ARN liées au système dit CRISPR-Cas9 dans l’immunité des bactéries. En 2012, associée à Jennifer Doudna, elle conçoit l’usage de ce système pour modifier à volonté et précisément l’ADN génomique de n’importe quel organisme.

Jennifer A. Doudna est née le 19 février 1964 à Washington. Elle étudie la biochimie, d’abord en Californie (Bachelor en 1985), puis soutient son doctorat sur l’autoréplication d’ARN catalytiques à la Harvard Medical School en 1989 où, spécialiste reconnue des ARN, elle exerce comme chercheuse jusqu’en 1991. Elle part ensuite pour l’université du Colorado à Boulder afin d’y travailler, sous la direction de Thomas Cech, sur la structure tridimensionnelle des ribozymes (ARN catalytiques). Elle est nommée professeure à Yale en 1994, puis accepte, en 2002, un poste à l’université de Californie à Berkeley où elle occupera diverses fonctions. L’étude des différents types d’ARN selon une approche biochimique et structurale reste le thème de recherche dominant de Doudna. Son travail connaît une réorientation majeure en 2012 grâce à sa découverte, avec Emmanuelle Charpentier, des usages possibles du système de défense des staphylocoques, CRISPR-Cas9, pour l’édition des génomes.

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. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

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