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PRIX ET PRODUCTION, Friedrich von Hayek Fiche de lecture

L'ouvrage Prix et Production est la forme publiée en 1931 d'une série de quatre conférences données en 1930 et 1931 par Friedrich von Hayek (1899-1992) à la London School of Economics and Political Science sur l'invitation de Lionel Robbins. Cet ensemble de conférences vaudra à Hayek, alors âgé de trente-deux ans, d'être nommé professeur à la London School of Economics. Prix et Production aura, tout au long des années 1930, un retentissement extraordinaire en Angleterre, et alimentera les débats opposant d'un côté Keynes et les « keynésiens » de Cambridge, et de l'autre Hayek et les « autrichiens » de Londres. Le débat ouvert par cet ouvrage est l'un des plus importants en cette période des années 1930 que l'on considère comme une période de « grande théorie ». Il s'éteindra momentanément avec la victoire de Keynes, après la publication de la Théorie générale de l'emploi, de l'intérêt et de la monnaie en 1936.

Une révolution en quatre conférences

L'ouvrage est divisé en quatre parties, reprenant chacune une conférence. La première (« Théories de l'influence de la monnaie sur les prix ») montre la nécessité de raisonner non pas en termes de mouvement général des prix, mais en termes de variations des prix relatifs et de leurs effets sur la production. La seconde partie (« Les Conditions d'équilibre entre la production de biens de consommation et la production de biens de production ») constitue le cœur de l'ouvrage. Hayek y présente la notion de « structure de la production ». Cette idée, largement influencée par Carl Menger et par Eugen von Böhm-Bawerk, consiste à considérer la production comme un processus allant des matières premières aux biens de consommation en passant par les biens intermédiaires. Le diagramme triangulaire qui représente la structure de production, même s'il est assez comparable à ceux de William Stanley Jevons et Knut Wicksell, a l'intérêt de montrer (dans la troisième partie intitulée « Le Fonctionnement du mécanisme des prix au cours du cycle ») comment la structure de la production se déforme sous l'effet d'une variation endogène (augmentation de l'épargne volontaire) ou sous celui d'un choc exogène (création monétaire). Dans le premier cas, la structure de la production s'allonge : le nombre de stades qui sépare les moyens originels de la production et les biens de consommation augmente. La structure de production devient alors plus capitalistique. Dans la mesure où l'acte d'épargne est volontaire, le changement qu'il a introduit est permanent puisque la demande de biens de consommation a diminué. Dans le deuxième cas, qui correspond pour Hayek à l'ouverture par le gouvernement de lignes de crédit aux producteurs, la structure de production s'allonge, dans un premier temps seulement, du fait du déséquilibre créé au profit des stades de plus haut niveau (les industries intermédiaires et de biens de production) et de la création d'une « épargne forcée » pour les consommateurs (cette épargne provient d'un déplacement de l'offre vers l'amont de la structure de la production alors que la demande de biens de consommation n'a pas changé), puis revient à son état antérieur. L'effet est alors inexistant, mais il s'est créé un déséquilibre transitoire au sein de l'économie. La quatrième partie (« Pour ou contre une monnaie élastique ») étudie les implications des idées avancées lors des trois premières conférences en termes de « politique monétaire » ou plus exactement en termes d'institution monétaire. Selon Hayek, une politique monétaire volontariste et centralisée perturbe l'évolution « naturelle » de la structure de production et engendre des fluctuations économiques. De là l'idée d'une privatisation de la création monétaire, chère aux théoriciens de la banque libre ([...]

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Écrit par

  • : professeur de sciences économiques à l'université de Lyon-II-Louis-Lumière

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

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