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PINCEAUX DE LUMIÈRE. DU MODÈLE AU VITRAIL (exposition)

L'exposition, présentée au Musée national du Moyen Âge (hôtel de Cluny), à Paris, du 18 octobre 2006 au 15 janvier 2007, s'inscrivait dans la politique du musée qui vise, à travers des manifestations limitées dans leur développement, à mettre en valeur ses richesses, avec pour double but d'attirer l'attention du public et de renouveler l'étude des fonds. Pinceaux de lumière. Du modèle au vitrail réunissait, dans une mise en scène à la fois séduisante et efficace, une sélection de vitraux tirés de l'importante collection du musée, dans le but d'esquisser une brève histoire de la peinture sur verre. Les vitraux étaient entourés d'œuvres empruntées à d'autres établissements, destinées à illustrer « le dialogue entre panneaux de verre et œuvres sur parchemin, sur bois et sur papier, disposés autour d'une monumentale lanterne lumineuse ». L'idée qui sous-tendait cette manifestation en effet, c'est que le vitrail est un art tributaire des autres formes artistiques, surtout de la peinture des manuscrits et, à partir du xve siècle, des gravures utilisées comme modèles, principalement pour les rondels destinés aux croisées des demeures privées. On peut regretter ce présupposé trop catégorique qui, d'une part, ne possède pas la même validité pour les différents moments du Moyen Âge et, d'autre part, ne tient pas compte des arts monumentaux, comme la sculpture, dont l'influence est importante aux xiie-xiiie siècles. Or le vitrail est d'abord un art lié à une architecture.

La présentation se divisait en deux grandes sections consacrées, la première, elle-même subdivisée en deux parties selon un ordre chronologique, aux vitraux religieux, et la seconde, aux panneaux civils.

Dans la première partie, qui couvre la période xiie-xive siècle, quatre ensembles ont été retenus sur la base d'un point commun : ils dépendraient d'une commande royale, princière, ou du haut clergé lié à la famille royale. C'est peut-être le cas des panneaux (vers 1170-1180) représentant des scènes de la vie du Christ, qui sont attribués à la collégiale Saint-Étienne de Troyes, construite sous le patronage des comtes de Champagne. En revanche, ce raisonnement ne tient pas pour les éléments provenant de l'abbaye de Gercy datés autour de 1230-1240, qui sont rapprochés de Jeanne de Toulouse, épouse d'un des frères de Louis IX, Alphonse de Poitiers : la chronologie s'oppose à ce que ces vitraux soient une commande de la fondatrice qui a installé en 1269 un monastère autour d'une église paroissiale certainement importante puisqu'elle possédait déjà cet important décor vitré. Les œuvres mises en rapport avec les vitraux ne confortent pas, dans leur ensemble, leur lien avec des commandes exceptionnelles.

La seconde partie, intitulée « Les vitraux du xve siècle et leur interprétation des modèles enluminés puis gravés » présente l'intérêt d'attirer l'attention sur l'art du vitrail en Alsace (un Saint Pierre, une Annonciation et le donateur Jacques de Fleckenstein, fondateur d'une chapelle à l'église Saint-Georges de Haguenau), même si les rapprochements proposés avec les gravures ne s'imposent pas clairement.

Malgré toutes les discussions autour du choix des panneaux et de ses interprétations, le visiteur a le bonheur de voir ces œuvres de près, ce qui est rarement le cas in situ. Peut-être aurait-il été judicieux de mettre à profit cette situation pour aborder la question des techniques de peinture, et montrer les modifications que la corrosion des verres et l'usure de la peinture imposent à la lecture d'un vitrail, comme c'est le cas pour les panneaux troyens qui sont devenus le négatif de ce qu'ils étaient à l'origine.

La deuxième section de l'exposition est consacrée à un[...]

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. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

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