PINALES

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Les Pinales constituent un ordre de Gymnospermes appartenant au sous-embranchement des Conifères ; elles ne comprennent qu'une seule famille, les Pinacées, appelées aussi Abiétacées, et groupent dix genres vivants dont certains sont très familiers : sapin, pin, épicéa, mélèze ou cèdre. Ces arbres à feuillage persistant – sauf chez les mélèzes (Larix et Pseudolarix) – peuvent atteindre une grande taille ; ils sont cantonnés, à l'exception d'un pin que l'on trouve dans les îles de la Sonde, dans l'hémisphère Nord où leurs peuplements forment, selon la latitude, les forêts sempervirentes boréale et subalpine (cf. forêts de résineux). Les conditions climatiques de leur biome (froid et gel) expliquent leur adaptation à la sécheresse, en particulier leurs feuilles en aiguilles plus ou moins aplaties, à cuticule épaisse, à stomates enfoncés dans des puits ou des sillons.

Épicéa

Photographie : Épicéa

Branche d'un épicéa montrant les feuilles en aiguilles, le plus souvent persistantes, caractérisant de très nombreux conifères. 

Crédits : Randy Wells/ The Image Bank/ Getty Images

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Des pollens fossiles de Pinales sont connus depuis le Jurassique, ce qui fait remonter l'apparition de ces végétaux à au moins cent soixante millions d'années. Les Pinales présentent des caractères de parenté avec le genre Glyptolepis du Trias qui, lui-même, semble se rattacher aux Lébachiales, premiers Conifères connus, apparus au Permo-Carbonifère. Parmi les Pinales, le genre Pinus constitue le type le plus primitif, tandis que les genres Abies, Picea, Keteleeria et Pseudotsuga sont les plus évolués.

Étude d'un type : le sapin pectiné

Le sapin pectiné ou sapin des Vosges (Abies alba Mill. ou Abies pectinata DC.) est un arbre atteignant 50 mètres de haut, à port pyramidal devenant plus ou moins tabulaire. Indifférent à la nature du sol, mais exigeant une atmosphère humide, il forme dans les montagnes de l'Europe moyenne et méridionale des peuplements naturels soit purs, soit associés au hêtre ou, dans les Alpes, associés à l'épicéa. Son bois, apprécié, est utilisé comme bois d'œuvre et en menuiserie et, à l'encontre de celui du pin, ne contient pas de canaux sécréteurs de résine ; son écorce produit la térébenthine d'Alsace.

Morphologie et anatomie

Le sapin porte deux types de rameaux : sur les rameaux stériles, les feuilles, dont la base est tordue de façon caractéristique et l'extrémité échancrée ou même bifide, persistent trois ou quatre ans ; elles sont insérées directement sur les rameaux et disposées de part et d'autre dans un plan horizontal (disposition pectinée) ; leur face inférieure est caractérisée par deux bandelettes blanches au niveau desquelles sont enfoncés les stomates haplochéiles. À l'extrémité de ces rameaux se situent les rameaux fertiles, qui diffèrent par leurs feuilles insérées en demi-manchon, à apex pointu portant à leur face supérieure des plages de stomates.

Anatomiquement, le sapin comme les autres Pinales, a une écorce peu épaisse ; le bois est formé de trachéides aréolées, normalement sans canaux résinifères (ceux-ci peuvent apparaître à la suite de traumatismes) : les rayons ne sont pas aréolés et ont une hauteur d'une dizaine de cellules ; on note dans les racines la présence constante de mycorhizes. Les feuilles ont des cellules épidermiques à parois épaisses, deux canaux résinifères, un à chaque angle, et deux faisceaux libéro-ligneux plus ou moins séparés.

À l'automne, sur les rameaux de l'année, apparaissent les bourgeons qui, au printemps suivant, donneront des inflorescences mâles en chatons et des inflorescences femelles en cônes. Les chatons mâles, longs de 2 à 3 cm, sont composés d'un grand nombre d'étamines foliacées, insérées le long d'un axe : chacune porte deux sacs polliniques sur sa face inférieure. Les grains de pollen, d'une dimension de 96 μm environ, possèdent deux sacs aérifères : les ballonnets. Ceux-ci sont formés par le décollement de l'ectexine par rapport à l'endexine, ectexine et endexine faisant partie de l'enveloppe extérieure du grain de pollen. Le corps du grain de pollen comprend cinq cellules.

Lescônes femelles résineux, mesurant jusqu'à 17 cm de long, ne tombent pas, mais se délitent écaille par écaille. Chaque cône est formé d'un grand nombre de bractées, à l'aisselle desquelles on trouve les écailles insérées en spirale le long de l'axe. Chaque écaille porte sur sa face supérieure deux ovules nus à micropyle stigmatimorphe orienté vers l'axe du cône. Chaque ovule comporte, le plus généralement, deux archégones, quelquefois trois, rarement [...]

Cône de sapin pectiné

Dessin : Cône de sapin pectiné

Schéma d'un jeune cône de sapin pectiné. Le cône est assimilé à une inflorescence ; l'« écaille » résulterait de la contraction d'un axe secondaire portant deux feuilles ovulifères (les ovules) et une feuille stérile (le sommet de l'écaille). 

Crédits : Encyclopædia Universalis France

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Épicéa

Épicéa
Crédits : Randy Wells/ The Image Bank/ Getty Images

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Cône de sapin pectiné

Cône de sapin pectiné
Crédits : Encyclopædia Universalis France

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Douglas (cônes)

Douglas (cônes)
Crédits : Gary Braasch/ The Image Bank/ Getty Images

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Écrit par :

  • : Maître assistant à la faculté des sciences de Reims

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Pour citer l’article

Jean LEPOUSÉ, « PINALES », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 06 février 2023. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/pinales/