PINALES

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Particularités des divers genres

Les dix genres que comporte la famille des Abiétacées ont chacun des particularités morphologiques, anatomiques ou biologiques et leur importance tant numérique qu'économique est variable.

Appareils végétatif et reproducteur

Les arbres les plus grands se rencontrent en Amérique : Abies grandis atteint 100 mètres ; Larix occidentalis et Pseudotsuga douglasii, 80 mètres. Quant à la longévité, on connaît en Amérique une forêt de Pinus aristata dont beaucoup d'arbres ont plus de quatre mille ans. Si comme les Abies, les genres Keteleeria, Cathaya, Pseudotsuga, Picea et Tsuga possèdent un seul type de rameaux stériles, Cedrus, Larix et Pseudolarix possèdent deux types de rameaux : les uns longs à croissance indéfinie (auxiblastes), les autres courts à croissance limitée (mésoblastes) ; le cèdre possède ainsi des rameaux courts où les feuilles sont groupées en bouquet. Chez le pin, il existe un troisième type de rameaux, les rameaux nains ou brachyblastes couverts, à la base, de feuilles très courtes écailleuses et portant, au sommet, des feuilles aciculées en nombre caractéristique selon les espèces (de une à cinq, souvent deux). Ces rameaux nains tombent en entier. Deux genres, Larix et Pseudolarix, perdent leurs aiguilles en hiver. Les bases foliaires (coussins) et les cicatrices laissées par les feuilles permettent de déterminer les genres et les espèces.

Dans les genres Keteleeria et Pseudolarix, comme dans le genre Abies, le bois possède des rayons non aréolés alors qu'ailleurs les rayons ont des trachéides aréolées sur toutes leurs faces. Le bois des pins, mélèzes, épicéas, etc. renferme des canaux résinifères schizogènes (bordés de cellules sécrétrices).

Les grains de pollen ont des ballonnets dans tous les genres, sauf Larix et Pseudotsuga ; chez les Tsuga, les ballonnets sont réduits à un bourrelet et les deux noyaux sexuels mâles, au lieu d'être libres dans un cytoplasme commun, sont isolés dans deux cellules constituant de véritables cellules spermiques. Le pollen émis en grande quantité, en particulier chez les pins, donne lieu à ce qu'on a appelé les « pluies de soufre ».

Certains cônes femelles sont dressés (Abies et Keteleeria), d'autres sont pendants (Pseudotsuga, Picea et Tsuga) Les cônes femelles se désarticulent à maturité chez Abies, Keteleeria, Cedrus et Pseudolarix, tandis qu'ils restent cohérents dans les autres genres.

Douglas (cônes)

Photographie : Douglas (cônes)

Jeunes cônes du douglas vert (Pseudotsuga douglasii), arbre originaire d'Amérique de l'Ouest, montrant les bractées trifides dépassant des écailles. 

Crédits : Gary Braasch/ The Image Bank/ Getty Images

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Le temps qui sépare la pollinisation de la dissémination des graines, de l'ordre de six à sept mois chez Abies, est de l'ordre de trois ans chez Pinus.

Aires de répartition

Si certains genres comptent de nombreuses espèces (120 environ chez Pinus) d'autres sont monospécifiques (Pseudolarix). Leur répartition géographique sera donc inégale et l'on note de très nombreuses disjonctions des aires à l'échelle de l'espèce : ainsi les pins, sapins, épicéas, mélèzes sont-ils représentés dans tout l'hémisphère Nord mais souvent par des espèces différentes : on rencontre Abies balsamea en Amérique du Nord, Abies sibirica en Asie septentrionale et Abies alba en Europe ; plus au sud, se retrouvent trois groupes comportant diverses espèces, environ 20 dans le groupe ouest-américain, 40 dans le groupe extrême-oriental, 10 parmi les sapins méditerranéens (cf. aire méditerranéenne). Un autre exemple d'aire discontinue est celle des cèdres (Maroc, Chypre, Liban, Himalaya occidental).

Certains genres sont au contraire confinés dans des aires restreintes : Keteleeria en Asie, Cathaya (deux espèces découvertes en 1958) en Chine, Pseudolarix dans le nord-est de la Chine.

D'autres genres ont une aire disjointe en deux ou trois parties : Pseudotsuga, uniquement fossile en Europe, se rencontre dans l'ouest de l'Amérique du Nord et à l'extrême est de l'Asie ; Tsuga a une aire asiatique plus vaste et existe de plus sur la côte orientale de l'Amérique du Nord.

Intérêt économique

L'intérêt économique des Abiétacées n'est pas limité aux bois d'œuvre ; les arbres de cette famille fournissent en effet des tanins, des oléorésines, des térébenthines. On utilise aussi leur bois pour faire de la pâte à papier. De nombreux arbres sont plantés dans les parcs comme arbres d'ornement ; d'autre part, de plus en plus, des taillis sous futaie sont remplacés par un « enrésinement » variant avec la nature du sol : pin, sapin, épicéa, pseudotsuga, mélèze ; il faut citer également de véritables cultures de Picea excelsa, coupés au moment de Noël.

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Épicéa

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Cône de sapin pectiné

Cône de sapin pectiné
Crédits : Encyclopædia Universalis France

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Douglas (cônes)

Douglas (cônes)
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Écrit par :

  • : Maître assistant à la faculté des sciences de Reims

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Pour citer l’article

Jean LEPOUSÉ, « PINALES », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 02 décembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/pinales/