BEMBO PIETRO (1474-1547)

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Promoteur du pétrarquisme

En 1530, année où il reçut du Conseil des Dix la charge d'historiographe de la république de Venise et fut appelé à diriger la bibliothèque qui allait devenir la Marcienne, Bembo réunit et publia les poésies qu'il avait composées. Elles constituent un parfait exemple du goût fondé sur l'imitation d'un seul auteur, Pétrarque en l'occurrence, même quand transparaît, comme il advient dans des Stanze composées en 1507, l'intention de rivaliser avec Politien. La souveraine élégance de ces vers détourne, parfois à tort, d'y chercher une quelconque sincérité lyrique. Au vrai, Bembo était si profondément imprégné de Pétrarque – et si homme de lettres avant tout – que, non content d'en épouser avec dévotion le langage poétique, il portait assez naturellement en soi une image de son amour toute proche de celle qu'il se faisait de l'amour de Pétrarque pour Laure. En cela encore, les conséquences de son œuvre et de sa réputation furent considérables : nul, sans doute, n'a fait davantage pour affermir le culte de Pétrarque, qui se répandra pour un siècle et plus sur toute l'Europe occidentale.

En 1539, son élévation à la pourpre, prononcée par le pape Paul III malgré les rumeurs malveillantes qui couraient sur la vie privée du nouveau cardinal, trouva Bembo occupé à poursuivre son travail d'historiographe et à rassembler aux fins de publication tous ses écrits, tant en latin qu'en langue vulgaire. Il partit alors pour Rome, où ses tâches lui firent souvent regretter ses paisibles demeures de Padoue et de Venise. La mort l'y atteignit le 18 janvier 1547.

1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 4 pages

Écrit par :

  • : professeur à la faculté des lettres et sciences humaines de Paris

Classification

Autres références

«  BEMBO PIETRO (1474-1547)  » est également traité dans :

ARIOSTE L' (1474-1533)

  • Écrit par 
  • Paul RENUCCI
  • , Universalis
  •  • 6 206 mots

Dans le chapitre « Le temps des « corvées » : l'Arioste et le cardinal Hippolyte d'Este »  : […] Telle est la capitale, modeste quant à la population, mais forte de son pouvoir et de la considération qu'elle inspire, où l'Arioste entre en 1497 au service de la cour. En février 1500, la mort de son père fait de lui le tuteur légal de ses huit frères et sœurs et l'oblige à de fastidieuses démarches pour régler au mieux une succession compliquée. De son père, il n'a pas hérité le goût de ces aff […] Lire la suite

CASTIGLIONE BALDASSARRE (1478-1529)

  • Écrit par 
  • Paul RENUCCI
  •  • 1 518 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Une vision aristocratique et humaniste »  : […] Cette hiérarchie est assurément le signe d'une vision aristocratique. Mais Castiglione, qui fut à Milan l'élève des humanistes, en vient à équilibrer sa considération entre un Bibbiena, plébéien de cour savant et disert, et le noble lettré vénitien Pietro Bembo. Plus qu'à leur naissance, il mesure le prix des hommes à leur culture, au rôle qu'ils tiennent auprès des grands, au succès qu'on peut l […] Lire la suite

PLÉIADE

  • Écrit par 
  • Gilbert GADOFFRE
  •  • 3 483 mots

Dans le chapitre « Une poétique commune »  : […] Si hétérogène que soit ce groupe d'une quinzaine de personnes, il n'en garde pas moins une certaine unité. Elle est due à l'adhésion, tantôt explicite tantôt implicite, à un projet commun que Peletier du Mans, Du Bellay, Pontus de Tyard et Ronsard ont essayé de définir. Le premier article de foi réside en la croyance qu'une nouvelle littérature française est possible : très différente de l'ancien […] Lire la suite

Voir aussi

Pour citer l’article

Paul RENUCCI, « BEMBO PIETRO - (1474-1547) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 30 juillet 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/pietro-bembo/