MARTIN PIERRE-ÉMILE (1824-1915)

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Pierre-Émile Martin, métallurgiste français, réussit le 8 avril 1864 la première fusion d'un mélange de fonte et de fer, sur la base d'un procédé d'obtention de l'acier par oxydo-réduction imaginé par René-Antoine Ferchault de Réaumur dès 1722. Cette technique prendra le nom de procédé Siemens-Martin.

Pierre-Émile Martin naît le 17 août 1824 à Bourges, dans une famille de maîtres de forges de la Nièvre. Son père, Émile, polytechnicien, avait créé une usine de fonderie et construction métallique près de Fourchambault, ville où le beau-père d'Émile, Georges Dufaud, avait lui-même fondé une importante forge en 1824.

C'est dans l'usine que son père avait rachetée en 1852 à Sireuil, près d'Angoulême, que Pierre-Émile Martin, polytechnicien et ingénieur des Mines, a entrepris des recherches sur la fabrication de l'acier, particulièrement à partir de ferrailles. Il a pu utiliser le principe de la cofusion de Réaumur grâce aux températures élevées permises par les fours à gazogène brevetés par Carl Wilhelm Siemens en 1861, et dont les Martin, père et fils, avaient pris une licence d'exploitation.

Le procédé Siemens-Martin repose sur l'utilisation d'un four à sole basique surmontant quatre chambres de briques réfractaires empilées dans lesquelles passe alternativement le courant des gaz de combustion, qui permet d'atteindre des températures supérieures à 1 600 0C et de les maintenir plusieurs jours. Grâce à cette technique, dont la mise au point fut particulièrement délicate, Pierre-Émile Martin obtient un acier de bonne qualité à partir d'un mélange de fers de récupération et de fonte.

Four Martin

Photographie : Four Martin

Vue en coupe d'un four Martin avec les quatre chambres en briques réfractaires, surmontées par le four à sole où est élaboré l'acier. 

Crédits : Encyclopédie Larousse, 1978

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Une série de brevets sont alors déposés par les métallurgistes Martin père et fils, et le procédé jouit d'un succès rapide. Son principal avantage est économique ; il permet de recycler les riblons, c'est-à-dire les déchets des usines métallurgiques, ainsi que les nombreux rails en fer usagés que les compagnies de chemin de fer devaient changer fréquemment. Il représentait ainsi en Grande-Bretagne, en 1913, plus des deux tiers de la production d'acier grâce à la récupération des rails. Face aux procédés Bessemer et Thomas, le procédé Siemens-Martin s'est également imposé pour la qualité de l'acier produit. Aujourd'hui, les procédés à l'oxygène ainsi que les fours à arc ou à induction se sont largement substitués au procédé Siemens-Martin, mais il restait encore en 1970 cinquante-deux fours Martin en activité en France.

Pierre-Émile Martin a repris les forges de Sireuil à la suite de son père en 1854, et les dirige jusqu'en 1883. Puis il revend cette usine pour prendre sa retraite, ayant beaucoup de mal à faire admettre la validité de ses brevets. Il ne jouira d'une véritable reconnaissance que tardivement, avec la remise de la Légion d'honneur et la célébration de ses mérites par le Comité des forges en 1910.

Pierre-Émile Martin est décédé en mai 1915 à Fourchambault.

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  • Jean DUFLOT
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Dans le chapitre « Procédé Martin »  : […] La première coulée d'acier par le procédé Martin fut réalisée par Pierre Martin (1824-1915) à Sireuil en 1863, grâce à l'utilisation des récupérateurs mis au point par les frères Siemens, qui permettaient d'obtenir à partir du gaz de gazogène une flamme suffisamment chaude pour dépasser notablement la température de fusion du fer dans le four à sole. En Allemagne, on associe les noms de Siemens […] Lire la suite

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Pour citer l’article

Bruno JACOMY, « MARTIN PIERRE-ÉMILE - (1824-1915) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 01 décembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/pierre-emile-martin/