PETITE ÉGLISE ET ANTICONCORDATAIRES

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Le Concordat de 1801 entre Bonaparte et Pie VII fit d'assez nombreux mécontents soit dans le clergé, et plus particulièrement parmi les prélats gallicans d'ancien régime dépossédés de leur siège épiscopal, soit dans la population paysanne, bouleversée dans ses habitudes par la réduction du nombre des fêtes chômées, par les lois sur le mariage, les nouvelles circonscriptions des paroisses, etc. Le malaise s'accusa surtout dans les régions où l'opposition royaliste au régime se faisait plus forte. Ne revenant pas sur l'attribution des évêchés, le nouveau concordat conclu en 1817 par le gouvernement de la Restauration maintenait donc le principal grief qui avait déjà donné naissance à différents groupes de dissidents : stevenistes (Belgique), enfarinés (Aveyron), blanchardistes (Calvados), filochois (Indre-et-Loire), illuminés (Lot-et-Garonne), fasnieristes (Manche), clémentins (Seine-Inférieure), purs (Montpellier), Petite Église (Lyon). Cette dernière dénomination allait devenir dominante. Deux anciens évêques, Coucy (La Rochelle) et Thémines (Blois), eurent un rôle déterminant dans l'organisation du schisme. Néanmoins, ni l'un ni l'autre (Thémines fut d'ailleurs réconcilié in extremis en 1829) ne procéda à de nouvelles consécrations épiscopales. La Petite Église, privée de clergé au fur et à mesure que ses prêtres mouraient ou se soumettaient, n'en continua pas moins de vivre, grâce à la ténacité de quelques familles (ainsi les Texier en Poitou) qui assurèrent enseignement religieux et culte sans messe ; elle se maintint ainsi dans la région lyonnaise et dans les diocèses de Poitiers, la Rochelle, Luçon. En 1870, le Mémoire porté au concile du Vatican par deux délégués lyonnais, Jacques Berliet et Marius Duc, était davantage une justification qu'une demande de retour ; les démarches entreprises au cours des réunions conciliaires par l'archevêque de Malines (pour les stevenistes) et par l'évêque de Luçon demeurèrent sans effet. La situation de schisme demeura donc et la dénonciation du concordat (1905) n'y changea rien. Aujourd'hui, la Petite Église compte encore quelques groupes dans la région lyonnaise et dans l'ouest de la France.

—  André DUVAL

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CLERGÉ RÉFRACTAIRE

  • Écrit par 
  • Bernard PLONGERON
  •  • 976 mots

L'ensemble des prêtres et évêques qui, sous la Révolution, refusèrent de prêter serment à la Constitution civile du clergé, votée par l'Assemblée constituante le 12 juillet 1790. Étant donné l'imbrication des professions de foi romaine et royaliste, et compte tenu de la vague des rétractations de serment à l'automne de 1791, la situation de prêtre réfractaire ne devient nette qu'après l'abolition […] Lire la suite

Pour citer l’article

André DUVAL, « PETITE ÉGLISE ET ANTICONCORDATAIRES », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 16 octobre 2020. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/petite-eglise-et-anticoncordataires/