PERVERSIONS (psychanalyse)

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Désaveu de la différence des sexes (Verleugnung) et division du Moi (Spaltung)

C'est à l'une des toutes dernières publications de Freud (sur le fétichisme) que l'on doit une approche véritablement féconde de la perversion. On sait l'importance que la théorie psychanalytique accorde à la découverte, par l'enfant, de la différence des sexes. C'est en fonction de cette différence que s'organise le désir sexuel, l'enfant ayant à y prendre conscience de son identité sexuelle, et de ce que celle-ci lui commande dans son rapport aux autres et singulièrement dans son rapport à ses père et mère. C'est donc à partir de ce savoir nouvellement acquis que l'œdipe prend sa fonction normative en permettant à l'enfant de constituer les idéaux qui ordonneront sa vie sexuelle. Une telle acquisition prend les formes du complexe de castration chez le garçon, de l'envie du pénis (penis-neid) chez la fille.

Freud a montré que, pour le fétichiste, la découverte de la différence des sexes n'était pas frappée de refoulement (comme pour le névrosé), mais que le jeune garçon répudiait la découverte qu'il venait de faire (l'absence de pénis chez sa mère), qu'il désavouait ce qu'il avait découvert et ce que cette découverte impliquait pour lui dans sa position subjective à l'égard du désir. C'est donc ce « désaveu » (Verleugnung) qui constitue l'originalité de la position du fétichiste, amené à se satisfaire de l'érotisation du vêtement (ou sous-vêtement) féminin aperçu sur la route de la découverte rejetée.

La connaissance de la différence des sexes (et de la position subjective que cela implique pour celui qui a acquis une telle connaissance) n'est donc pas à proprement parler frappée de forclusion (Verwerfung) comme dans la psychose. Freud nous dit que tout se passe comme si le fétichiste gardait pour une part l'ancienne croyance infantile concernant l'existence d'un pénis chez la mère, tandis que pour une autre part il se résigne aux conséquences de cette différence des sexes. Ainsi est-il partagé ; son Moi se trouve divisé (Spaltung) entre les deux croyances contradictoires.

Il n'est pas app [...]

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Jean CLAVREUL, « PERVERSIONS (psychanalyse) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 13 avril 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/perversions-psychanalyse/