COVILHÃ PERO DA (1460 env.-env. 1545)

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Explorateur portugais, né vers 1460 à Covilhã, mort vers 1545.

Enfant, Pêro da Covilhã est placé au service du duc de Medina-Sidonia, à Séville, pendant six ou sept ans. Il retourne au Portugal avec le frère du duc à la fin de l'année 1474, ou au début de 1475, et devient écuyer d'Alphonse V l'Africain. Il accompagne le roi quand celui-ci va réclamer le trône de Castille – il sera couronné à Plasencia – et combat à ses côtés à la bataille de Toro. Il escorte aussi le monarque en France, qui va requérir, en vain, l'aide de Louis XI. À la mort d'Alphonse, Covilhã passe au service de son fils, Jean II le Parfait, comme écuyer de la garde royale et messager secret à la cour d'Espagne. Il effectue deux missions en Afrique du Nord : la première, sous l'apparence d'un marchand, pour gagner l'amitié du chef de Tlemcen ; la seconde à Fez, afin d'acheter des chevaux pour Dom Manuel, futur Manuel Ier, roi du Portugal.

Jean II entend profiter du commerce des épices indiennes et entrer en contact avec le négus chrétien d'Abyssinie (Éthiopie), que l'Occident identifie au légendaire Prêtre Jean (des rapports reçus en 1486 au royaume africain du Bénin auraient ravivé le mythe du grand souverain oriental). Les Abyssiniens ont déjà visité Rome et même la péninsule ibérique, tandis que Jean II a envoyé Diogo Cão longer la côte ouest de l'Afrique. Ce dernier a découvert l'embouchure du Congo en 1483, mais la route du Cap reste inconnue. Le roi envoie ainsi Bartolomeu Dias poursuivre les expéditions de Cão, mais il veut également que des explorateurs terrestres puissent témoigner de la géographie et des échanges commerciaux de l'Inde et de l'Abyssinie. Covilhã est donc envoyé en Inde, tandis que l'écuyer Alphonse de Paiva, qui parle l'arabe, doit partir à la recherche du Prêtre Jean et trouver la route qui mène de la Guinée à l'Abyssinie. Les deux hommes quittent le Portugal au printemps de 1487, avec des lettres de créance de banques italiennes. Après une escale à Barcelone, ils naviguent jusqu'à Naples puis Rhodes, où ils se déguisent en négociants en miel pour rejoindre Alexandrie par la mer. Ils tombent alors malades et sont dépouillés de leurs marchandises, mais ils peuvent acheter d'autres biens et parvenir au Caire, où ils se joignent à un groupe de Nord-Africains qui se rendent à Aden (actuel Yémen). Là, leurs routes se séparent, Covilhã rejoignant l'Inde, où il verra Cananor, Calicut et Goa. Il retourne ensuite à Ormuz, en Perse, entre octobre 1489 et mars 1490. Pendant ce temps, Paiva est arrivé en Abyssinie. Les deux explorateurs ont prévu de se retrouver au Caire, mais quand Covilhã y parvient, fin 1490 ou début 1491, il y apprend la mort de son compagnon. Entre-temps, Jean II avait envoyé deux messagers dans cette ville égyptienne pour ordonner à Covilhã de continuer à rechercher le Prêtre Jean. L'explorateur rédige une missive au roi l'informant de ses découvertes puis poursuit son voyage en Abyssinie. L'un des messagers l'accompagne à Ormuz, puis ils se séparent, Covilhã faisant route vers la mer Rouge. Déguisé en arabe, il visite La Mecque et Médine. Il voit également le mont Sinaï, avant d'atteindre le port de Zeila (auj. en Somalie) en 1492 ou 1493, où il se joint à une caravane se rendant en Abyssinie. Il y restera jusqu'à la fin de sa vie.

Covilhã est bien accueilli par le négus d'Abyssinie, Eskender (ou Alexandre), et il est même nommé gouverneur d'une région ; cependant, il n'a pas le droit de quitter le pays. Quelques années plus tard, l'impératrice d'Éthiopie envoie un Arménien nommé Mathieu au Portugal. Ce dernier rejoint Afonso de Albuquerque à Goa en 1512, et arrive au Portugal en 1514. La cour portugaise décide alors d'envoyer une ambassade en Abyssinie. Le premier ambassadeur ne survit pas au voyage. Le suivant, Dom Rodrigo de Lima, et sa délégation quittent l'Inde en 1517 et arrivent à la cour du négus éthiopien en décembre 1520. Les Portugais retrouvent un Covilhã âgé mais toujours vaillant, qui leur sert de guide et d'interprète. En 1524, Covilhã et sa famille accompagnent les émissaires portugais sur une partie du trajet de retour, puis Covilhã confie son fils de 23 ans à Dom Rodrigo pour que le jeune homme soit éduqué au Portugal.

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Écrit par :

  • : professeur émérite d'espagnol et de portugais à l'université de Colombie-Britannique, Vancouver

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  • Écrit par 
  • Frédéric MAURO
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Dans le chapitre « Premières reconnaissances »  : […] Dès 1416, ils avaient atteint le cap Bojador et, en 1445, le cap Vert. Ils franchissent l'équateur en 1471 et atteignent l'embouchure du Congo, six cents kilomètres plus loin, en 1482 (expédition de Diogo Cão). En 1487, Bartolomeu Dias double le cap des Tempêtes, celui que Jean II rebaptisera le cap de Bonne-Espérance. L'année suivante, des officiers du roi, Pêro da Covilhã et Alphonse de Paiva, […] Lire la suite

Pour citer l’article

Harold V. LIVERMORE, « COVILHÃ PERO DA (1460 env.-env. 1545) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 25 novembre 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/pero-da-covilha/