KRUGER PAUL (1825-1904)

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Homme d'État sud-africain né le 10 octobre 1825 dans le district de Cradock (colonie du Cap), mort le 14 juillet 1904 à Clarens (Suisse).

À dix ans, Stephanus Johannes Paulus Kruger et ses parents, agriculteurs d'origine allemande établis dans la colonie du Cap, prennent part au Grand Trek. Fuyant l'autorité britannique, ils migrent vers le nord avec de nombreux colons boers, affrontant au passage les tribus locales, afin d'établir leur propre État.

En janvier 1852, Paul Kruger est présent lorsque Andries Pretorius conclut avec les autorités britanniques la convention de Sand River, qui reconnaît l'indépendance des Afrikaners (Boers) au nord de la rivière Vaal. En 1855-1856, il participe à la commission qui élabore la Constitution de la nouvelle république du Transvaal. Commandant en chef de l'armée pendant les troubles des années 1861-1864, il joue un rôle clé dans l'unification et la pacification du pays.

Lorsque les Britanniques annexent le Transvaal en 1877, Kruger devient le champion de la lutte pour l'indépendance boer. Il échoue à convaincre Disraeli : et participe en effet à l'organisation d'un mouvement de résistance passive à l'autorité coloniale. Déçu des espoirs fondés en 1880 sur le gouvernement libéral de Gladstone, Kruger s'attire la sympathie et le soutien politique de la colonie du Cap contre la tentative britannique de forcer l'Afrique du Sud et le Transvaal à entrer dans une grande fédération. En décembre, il dirige son peuple vers la lutte active et, après avoir remporté la bataille de Majuba Hill (27 février 1881), négocie une paix fondée sur une autonomie limitée. En 1883, il est élu président de la république du Transvaal, poste qu'il occupera jusqu'en 1902, date à laquelle les Boers reconnaîtront l'autorité britannique.

Kruger conclut un nouvel accord à Londres le 27 février 1884, qui modifie la frontière occidentale du Transvaal et retire toute mention de souveraineté britannique. À son retour, il trouve le gouvernement brouillé avec les autorités coloniales du Cap sur le contrôle de cette zone, considérée par Cecil Rhodes comme stratégique pour l'accès au fleuve Limpopo. En 1885, Kruger est forcé de se retirer de la frontière et d'accepter un protectorat britannique sur le Bechuanaland, ouvrant la voie à l'expansion de la colonie du Cap vers le nord.

Les difficultés s'aggravent en 1886 lors de la découverte d'or dans la région du Witwatersrand, où la ville de Johannesburg naît à une soixantaine de kilomètres au sud de la petite capitale du Transvaal, Pretoria. De nombreux Uitlanders (blancs non boers) affluent alors au Transvaal, établissant une communauté cosmopolite, majoritairement anglaise. En 1890, Kruger, craignant de voir l'identité boer disparaître, restreint le droit de vote aux hommes résidant dans la république depuis au moins 14 ans. Parallèlement, il crée une chambre séparée, le Volksraad, pour représenter les intérêts miniers . Cependant, les magnats de l'industrie aurifère de Johannesburg critiquent la politique économique et ferroviaire de Kruger, destinée à promouvoir l'indépendance du Transvaal, mais qui augmente leurs coûts de production.

Cecil Rhodes, Premier ministre du Cap qui possède de nombreux gisements et jouit d'une forte influence politique, espère fonder une nation sud-africaine britannique unifiée. Soutenant à cette fin les capitalistes du Rand et les Uitlanders contre Kruger, il finance, avec l'accord de Joseph Chamberlain, ministre des Colonies britannique, le raid de Jameson visant à déstabiliser le gouvernement du Transvaal à la fin de l'année 1895. Lorsque l'opération échoue, Chamberlain utilise comme prétexte le sort des Uitlanders pour envoyer en 1897 le haut-commissaire anglais, lord Milner, gouverner la colonie du Cap. Ce dernier demande à Kruger d'octroyer le droit de vote aux Uitlanders après cinq ans de séjour seulement. Kruger consent à abaisser la limite à sept ans lors d'une entrevue à Bloemfontein en mai 1899, mais Milner refuse. La tension grandit. La Grande-Bretagne s'apprête à lancer un ultimatum et, comme le Transvaal, prépare la guerre. Kruger lance son propre ultimatum le 9 octobre 1899, exigeant le retrait des troupes britanniques postées à la frontière du Transvaal.

La guerre éclate deux jours plus tard et, malgré les premières victoires boers, les soldats britanniques occupent les deux capitales du Transvaal. Kruger est forcé de battre en retraite avec ses dernières troupes. Trop âgé pour participer à la guérilla qui s'installe, il est envoyé en Europe, où il sollicite l'appui des grandes puissances jusqu'à la fin de la guerre, en mai 1902. Il finira sa vie en exil.

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Daniel Wilhelmus KRUGER, « KRUGER PAUL - (1825-1904) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 25 novembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/paul-kruger/