FÉVAL PAUL, dit FÉVAL PÈRE (1817-1887)

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Issu d'une famille de magistrats assez peu fortunée, Paul Féval fut l'un des auteurs de romans-feuilletons les plus productifs et les plus célèbres du xixe siècle. À treize ans, il passe une année dans un mystérieux manoir du Morbihan, refuge de conspirateurs chouans, et il restera fortement imprégné de folklore breton. Après une licence de droit, il embrasse la carrière d'avocat, qu'il abandonnera dès sa première plaidoirie — mémorable harangue, dans le style de Démosthène, pour défendre la cause d'un voleur de poules. Il gagne Paris pour se faire une place dans les lettres et traverse une période de misère affreuse ; renvoyé de chez un banquier pour avoir lu un livre de Balzac, volé à plusieurs reprises, il est retrouvé mourant de faim et de froid dans sa mansarde et soigné par une voisine charitable pour laquelle il conçut un amour profond et romanesque. Puis il entre comme correcteur au Nouvelliste, et ses œuvres, enfin acceptées dans les revues de l'époque, lui confèrent une notoriété que va exploiter Anténor Joly, faisant pour la circonstance du Courrier français et de L'Époque de véritables entreprises modernes, avec campagnes publicitaires pour le lancement des nouveaux feuilletons. Féval, secondé par une armée de collaborateurs, y publie Les Mystères de Londres (1844) sous le pseudonyme de sir Francis Trolopp, Les Amours de Paris (1845), La Quittance de minuit et Le Fils du Diable (1846), qui sont autant de prodigieux succès. Le Mendiant noir, La Fée des grèves, Le Tueur de tigres, Le Capitaine fantôme, Madame Gil Blas, Les Habits noirs, Bouche de fer, Le Poisson d'or, La Première Aventure de Corentin Quimper sont quelques-uns des titres de cette œuvre abondante, mais qui, malgré son sérieux historique et le soin apporté à l'observation des mœurs, pèche par une réelle platitude, ce qui explique une certaine désaffection du public après la flambée des débuts. Il faut en excepter toutefois Le Bossu (1858), qui remporte un succès si extraordinaire que l'écrivain en tire, en 1862, un drame joué sur toutes les scènes de France. Paul Féval a publié en outre quelques recueils de contes, parmi lesquels on peut citer Contes de la Bretagne (1844), Contes de nos pères (1845).

Ruiné par des spéculations financières, il passe les dernières années de sa vie à expurger de son œuvre tout ce qui pouvait rappeler son passé de libre penseur et à écrire des livres édifiants. Atteint de paralysie vers 1880, il meurt fou quelques années plus tard.

—  France CANH-GRUYER

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Pour citer l’article

France CANH-GRUYER, « FÉVAL PAUL, dit FÉVAL PÈRE (1817-1887) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 23 juin 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/paul-feval/