VERVINS PAIX DE (1598)

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Pour en arriver au statu quo de la paix de Vervins le 2 mai 1598 entre la France et l'Espagne, il aura fallu près d'un demi-siècle d'une longue guerre civile, qui n'est qu'un élément de l'affrontement européen ayant débuté avec les guerres d'Italie. L'abjuration, à Saint-Denis, de Henri IV (25 juill. 1593) est le fait décisif, mais non suffisant, qui donne au roi de France la supériorité sur la Ligue. Après son entrée à Paris le 22 mars 1594, les ligueurs se soumettent progressivement. Rien n'est cependant décidé tant que l'Espagne peut menacer la France.

Le 17 janvier 1595, la France déclare la guerre à l'Espagne. La guerre est difficile à mener faute d'argent. Ne voulant pas réunir les états généraux, Henri IV obtient d'une assemblée de notables soigneusement sélectionnés l'argent indispensable, cependant réduit par la résistance des parlements. Faute de moyens et de chefs militaires, la prise de Fère, en mai 1596, fut compensée par la perte de Calais en avril 1596 et d'Ardres en mai 1596. L'alliance anglaise se montre décevante. Les Espagnols prennent en mars 1597 Amiens, qu'il faut reconquérir en septembre. L'Espagne ne se trouve pas en meilleure position : 1587 et 1596, attaques anglaises sur Cadix ; 1589, attaques sur Lisbonne et La Corogne ; 1597, nouvel échec d'une armada contre l'Angleterre ; début de l'éviction, par les Hollandais, des Portugais installés en Extrême-Orient. Les négociations, longues et difficiles, menées avec la médiation du pape Clément VIII, aboutissent à la paix de Vervins. Les Espagnols évacuent la France (Calais, Doullens, Ardres, le Blavet). L'honneur espagnol est sauf par l'inclusion d'une clause de non-renonciation sur les droits à la couronne française, mais limitée par l'emploi exclusif de moyens « amiables ou de justice, et non par les autres », ce qui équivaut à un abandon de fait. Abandonnant ses alliés anglais et hollandais (en dépit de la promesse de 1596 de ne pas traiter séparément), Henri IV dut renoncer implicitement au marquisat de Saluces, que conservait Charles Emmanuel de Savoie, qui l'avait conquis en 1580. La paix de Vervins avait été précédée par l'édit de Nantes (13 avr. 1598). Le roi, tirant la conclusion de l'équilibre des forces, soutenait une politique de tolérance. Le 13 septembre, Philippe II, miné par la vieillesse, les échecs et la maladie, mourait à l'Escorial.

—  Jean MEYER

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  • : professeur à la faculté des lettres et sciences humaines de Rennes

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  • Jean DELUMEAU
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Dans le chapitre « Catholiques et protestants en France »  : […] un en Provence, l'autre en Bretagne. Les ducs de Savoie et de Lorraine cherchaient à s'agrandir aux dépens du royaume. La lassitude générale et l'abjuration d'Henri IV (juill. 1593) permirent enfin de dénouer la crise. L'édit de Nantes (13 avr. 1598) et la paix de Vervins (mai 1598) ramenèrent pour un temps la paix à l'intérieur et avec l'étranger […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/guerres-de-religion/#i_39524

Pour citer l’article

Jean MEYER, « VERVINS PAIX DE (1598) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 06 octobre 2018. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/paix-de-vervins/