NATCHEZ

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Tribu indienne d'Amérique du Nord qui parle, comme les Creek et les Séminoles, une langue muskogéenne, les Natchez habitaient sur la rive est du cours inférieur du Mississippi. Au début du xviiie siècle, à l'époque de la première colonie française, la tribu comprenait environ 6 000 personnes qui vivaient dans neuf villages situés entre les rivières Yazoo et Pearl, près du site où se dresse maintenant la ville de Natchez (Mississippi).

Au début, vers 1680, les rapports entre les colons français et les Indiens furent amicaux. Mais, en 1716, en 1722 et en 1723, trois guerres opposent Natchez et Français ; elles sont suivies de la rébellion Natchez de 1729. Avec l'aide des Choctaw, les Français chassèrent les Natchez de leurs villages. En 1731, quatre cents Indiens environ furent capturés et vendus comme esclaves aux Antilles. Les autres se réfugièrent auprès des Chickasaw et, plus tard, auprès des Creek supérieurs et des Cherokee. Quand, en 1838, ces tribus furent obligées de partir vers l'ouest, pour le territoire Indien — l'actuel État d'Oklahoma —, les Natchez les suivirent. Au début du xxe siècle, très peu de Natchez parlaient encore leur langue d'origine. Au début du xxie siècle, 5 000 Natchez environ vivaient encore dans le Mississippi, en Alabama et en Georgie.

Comme toutes les autres tribus muskogéennes, dont la culture était assez proche de la leur, les Natchez étaient avant tout des agriculteurs. Pour fabriquer le tissu de leurs vêtements, ils tissaient la fibre du mûrier ; ils étaient d'excellents potiers et construisaient de très grands temples de clayonnage et de boue sur des tertres d'environ 2,50 m de hauteur, tout comme les Creek. Leurs maisons étaient alignées en rangs réguliers autour d'une place ou d'une esplanade communale. Elles étaient en torchis séché, et le toit était fait de perches recourbées.

Les Natchez adoraient le Soleil. Ils étaient gouvernés par un monarque, qu'ils appelaient le Grand Soleil et qui avait droit de vie ou de mort sur ses sujets ; il avait plusieurs femmes et des domestiques volontaires qui travaillaient et chassaient pour lui ; à sa mort, tous ces gens étaient tués, ainsi que tous ceux qui désiraient accompagner le Grand Soleil dans l'autre monde. Un feu perpétuel brûlait dans le temple. On le laissait s'éteindre une fois l'an, la veille de la fête de la mi-été, fête qu'on appelait la cérémonie du maïs vert ; le feu était rallumé le jour de la fête, à l'aube, et tous les feux du village étaient ranimés avec ce feu sacré. Les Natchez avaient une organisation sociale hiérarchisée ; ils étaient divisés en classes matrilinéaires et exogamiques : les soleils, les nobles, les très honorés et les gens du peuple. Le chef suprême, c'est-à-dire le Grand Soleil, et les chefs des villages affirmaient qu'ils descendaient du Soleil. Les soleils devaient épouser des gens du peuple. Les enfants des femmes soleils et des gens du peuple étaient des soleils, tandis que les enfants des hommes soleils et des femmes du peuple appartenaient au groupe des nobles.

Les soleils (parents du Grand Soleil) pouvaient être les grands chefs de guerre. Les nobles étaient les chefs guerriers et les principaux officiers civils. Les hommes très honorés formaient une part importante des guerriers ; quant aux gens du peuple, c'est sur eux que reposait l'économie agricole. Il était possible de monter de classe, notamment pour acte de bravoure à la guerre : un homme du peuple pouvait devenir très honoré et un très honoré pouvait devenir noble. À la mort du Grand Soleil, si un homme du peuple étranglait son enfant et l'immolait, il devenait très honoré, ainsi que sa famille. De même, ceux qui acceptaient de s'immoler aux funérailles du Soleil permettaient à leur famille d'accéder à la classe supérieure.

L'organisation sociale et politique des Natchez a toujours beaucoup intéressé les observateurs (qui la comparaient à une monarchie absolue), puis les anthropologues, qui, même après la dissolution de la société natchez, ont entrepris des études théoriques sur leur modèle social en s'appuyant sur les textes des premiers observateurs.

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Agnès LEHUEN, « NATCHEZ », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 03 octobre 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/natchez/