ARTS DÉCORATIFS MUSÉE DES, Paris

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Le musée des Arts décoratifs s’est donné dès l’origine pour projet d’« entretenir en France la culture des arts qui poursuivent la réalisation du beau dans l’utile ». Il conserve l'une des plus importantes collections d'arts décoratifs au monde. Ses diverses collections – auxquelles sont venues s’ajouter en 1997 celles du musée de la Mode et du Textile, en 1999 celles du musée de la Publicité – regroupent environ 150 000 objets (dont 6 000 présentés au public), réparties en cinq départements chronologiques (Moyen Âge-Renaissance, xviie-xviiie, xixe, Art nouveau-Art déco, Moderne-Contemporain) et sept départements à caractère thématique (arts graphiques, bijoux, jouets, papiers peints, verre, mode et textile, publicité et graphisme).

L'Union centrale des beaux-arts appliqués à l’industrie, créée en 1864, et qui, en 2018, a pris le nom de musée des Arts décoratifs (MAD), occupe le pavillon et l'aile de Marsan, au Louvre depuis 1897. Elle avait auparavant été abritée dans un hôtel de la place des Vosges, de 1864 à 1876, au pavillon de Flore, très temporairement, en 1878, puis au Palais de l'Industrie, détruit par la suite, jusqu'en 1896. Plusieurs projets d'installation avaient été envisagés, mais on finit par lui attribuer une partie du Louvre incendié par la Commune et reconstruit par Hector Lefuel. Devenue en 1882 l'Union centrale des Arts décoratifs, elle dut néanmoins occuper des locaux qui avaient été conçus pour un autre usage, à son tour abandonné, l'installation de la Cour des comptes. L'aile était ainsi organisée autour d'une grande galerie centrale à éclairage zénithal, avec de chaque côté différents niveaux destinés à abriter les bureaux de la Cour. De nouveaux architectes, Gaston Redon et Paul Lorain, reprirent sans le modifier ce gros œuvre, réservant à la grande nef les expositions temporaires, et aux niveaux, transformés en galeries, la présentation des collections permanentes. Le musée est finalement inauguré le 29 mai 1905.

Après avoir fermé en 1996, lors de la réalisation du Grand Louvre, il peut rouvrir en septembre 2006. La suppression des cloisonnements et entresolements a permis la restitution de l'architecture d'origine, soigneusement restaurée ou conservée, ce qui permet de retrouver une très grande transparence entre la nef et les galeries latérales. Un inconvénient subsiste, celui d'une circulation difficile entre les galeries de part et d'autre de la nef, comme au musée d'Orsay qui présente une structure analogue. Autre conséquence négative, le rétablissement des ouvertures sur la nef a provoqué la disparition de cimaises, et donc entraîné la diminution du nombre d'objets présentés au public.

Depuis l'origine, le mécénat a tenu une grande place dans le développement et l’enrichissement des collections, ce qui explique par exemple qu'on y trouve la donation Dubuffet, peu à sa place dans le contexte des arts décoratifs, mais qui occupe néanmoins une galerie. Cette abondance permet trois types de parcours, aux approches différentes, mais qui se recoupent de loin en loin. Le premier, traditionnel, aborde chronologiquement la question des arts décoratifs depuis le Moyen Âge, mettant ainsi en valeur la dimension esthétique des pièces exposées. Un second type d'organisation, complémentaire, a été choisi pour deux catégories d'objets particulières s'intégrant plus difficilement à la première présentation, les jouets et les bijoux, auxquels des espaces particuliers sont réservés. La valeur d'usage, fonctionnelle, ou sociale, a été enfin retenue pour une galerie d'étude destinée à offrir deux approches thématiques pour l'inauguration : se nourrir et se reposer. Une galerie d'actualité, centrée sur la création contemporaine, et qui fonctionne elle aussi par roulement, vient compléter cet ensemble. La conservation, volontairement, a ainsi voulu faire évoluer le concept traditionnel entre présentation permanente et expositions temporaires (les plus importantes de ces dernières bénéficiant de la nef centrale et des salles adjacentes du rez-de-chaussée), qui permettent de mettre en évidence la très grande diversité des collections. Mentionnons notamment les expositions Les jouets Stars Wars (2012-2013), Typorama, Philippe Apeloig (2013-2014), Fashion forwa [...]

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Écrit par :

  • : ancien élève de l'École normale supérieure, professeur à l'université de Paris-IV-Sorbonne

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Pour citer l’article

Barthélémy JOBERT, « ARTS DÉCORATIFS MUSÉE DES, Paris », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 24 septembre 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/musee-des-arts-decoratifs-paris/