MONTAGNES Géomorphologie

Genèse du relief

Le relief des chaînes de plissement est récent. Sa genèse correspond, pour l'essentiel, à un important rajeunissement orogénique, qui a permis à des érosions diverses de s'exprimer avec vigueur. Les périodes antérieures à la fin du Cénozoïque appartiennent à une paléogéographie dont l'intervention dans la compréhension du relief résulte du jeu des données structurales.

Paléogéographie des chaînes

Une longue période de sédimentation caractérise la paléogéographie des chaînes au cours du Mésozoïque. Selon leurs types, elle apparaît à dominante marine ou continentale. Pour les Alpes, il s'agit d'une période fondamentalement sous-marine, réglée par la fermeture d'une zone océanique en compression. À l'opposé, l'évolution correspondante des Andes – chaîne de subduction – se révèle franchement continentale et coupée de puissants épanchements volcaniques.

Ces périodes se terminent par une intense activité tectonique. Alors se développent, en plusieurs phases dont les effets se propagent de l'intérieur vers l'avant-pays, des accidents dus à une tectonique en compression. Leur style et leur âge varient. Dans les Alpes, l'émersion de reliefs dès la fin du Crétacé déclenche une intense érosion avec dépôt de flyschs épais. Mais la fermeture du bassin océanique n'intervient qu'au cours de deux phases paroxysmales cénozoïques. Elles engendrent les nappes de charriage de flysch et de socle des zones internes, et les plis de revêtement ou de couverture des zones externes. On ne trouve guère que des accidents autochtones des derniers types dans les Andes comme dans les Pyrénées, où les chevauchements restent très limités. Les mouvements y sont aussi plus précoces. Dans les Andes, en particulier, les importants plissements laramiens de la fin du Crétacé précèdent l'orogenèse cénozoïque.

Pendant la fin de l'Oligocène et au cours du Miocène (de 10 à 25 millions d'années), une érosion active attaque les systèmes montagneux ainsi créés. Des molasses corrélatives s'accumulent dans des bassins marins ou continentaux principalement périphériques. En dépit des quelques plissements tardifs qui affectent ce matériel jusqu'au début du Pliocène (5 millions d'années), le relief des chaînes apparaît déjà considérablement réduit, parfois même jusqu'au développement d'aplanissements partiels.

Rajeunissement orogénique et morphogenèse

Le relief actuel des chaînes résulte surtout du rajeunissement orogénique plio-villafranchien. Une importante tectonique en extension marque alors la détente de l'orogenèse. Elle s'exprime par de très amples mouvements verticaux de surrection et d'effondrement. Les chaînes leur doivent des altitudes élevées et leur configuration orographique. Ils déterminent ainsi l'organisation des Andes en cordillères et en sillons. Et le développement de failles de quelque 10 000 mètres de rejet s'y accompagne d'un intense volcanisme quaternaire. Entre les plus hauts sommets des Alpes et le fond de la plaine du Pô touché par les sondages, la dénivellation n'est pas moindre. On sait aussi l'ampleur des accidents qui différencient les Pyrénées orientales en alignements de horsts et de fossés.

Conséquence de tels mouvements, une reprise d'érosion particulièrement vigoureuse dissèque les blocs soulevés. Des réseaux de vallées profondes s'y inscrivent, générateurs des grands versants et des grandioses dénivellations si typiques des chaînes. Parallèlement, les formes structurales s'épanouissent en fonction de l'exploitation des particularités plus ou moins favorables du matériel plissé. Le cas échéant, elles conservent cependant les marques d'aplanissements antérieurs.

Mais l'intensité du soulèvement entraîne aussi une différenciation[...]

La suite de cet article est accessible aux abonnés

  • Des contenus variés, complets et fiables
  • Accessible sur tous les écrans
  • Pas de publicité

Découvrez nos offres

Déjà abonné ? Se connecter

Écrit par

  • Roger COQUE : professeur des Universités, professeur émérite à l'université de Paris-I-Panthéon-Sorbonne

Classification

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

Médias

Formes jurassiennes

Formes jurassiennes

Formes jurassiennes

Formes structurales jurassiennes

Vaux perchés

Vaux perchés

Vaux perchés

Vaux perchés de la Grande-Chartreuse (d'après E. de Martonne)

Sainte-Baume

Sainte-Baume

Sainte-Baume

Crêt de front de chevauchement de la Sainte-Baume (Provence)

Autres références

  • AFRIQUE (Structure et milieu) - Géographie générale

    • Écrit par Roland POURTIER
    • 21 496 mots
    • 29 médias
    Lesmontagnes tropicales d'Afrique comptent parmi les espaces les plus densément peuplés ; certaines présentent même des symptômes de surpeuplement. Les climats d'altitude y sont très favorables à l'homme, en raison de la disparition, au-dessus de 1 200-1 500 mètres d'altitude, des grands systèmes pathogènes...
  • ALBANIE

    • Écrit par Anne-Marie AUTISSIER, Odile DANIEL, Universalis, Christian GUT
    • 22 073 mots
    • 10 médias
    ...Shkodër (370 km2) et au nord du Drin, formées de plusieurs massifs calcaires orientés sud-ouest - nord-est, présentent les formes les plus âpres. Les monts abrupts alternent avec des cirques glaciaires et des vallées étroites. Le mont Jezercë (2 693 m) domine une étoile de chaînes de plus de 2 000...
  • ALLEMAGNE (Géographie) - Aspects naturels et héritages

    • Écrit par François REITEL
    • 8 281 mots
    • 6 médias
    L'Allemagne alpine comprend deux éléments : la montagne alpine et le plateau de Bavière qui la précède vers le nord.
  • ALPES

    • Écrit par Jean AUBOUIN, Bernard DEBARBIEUX, Paul OZENDA, Thomas SCHEURER
    • 13 214 mots
    • 11 médias

    Les Alpes constituent une des principales chaînes de montagne d’Europe, identifiée comme telle dès l’époque romaine, puis clairement circonscrite par les naturalistes à partir du xviiie siècle. Dotées de nombreux sommets dépassant les 4 000 mètres d’altitude, source de plusieurs cours d’eau...

  • Afficher les 67 références

Voir aussi