BOUDIAF MOHAMED (1919-1992)

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Le 14 janvier 1992, un homme de soixante-treize ans quitte à Kenitra, au Maroc, la direction d'une petite briqueterie et le semi-oubli d'un long exil pour retrouver les feux de la rampe politique algéroise. Cent soixante-cinq jours plus tard, le 29 juin 1992, Mohamed Boudiaf, né à M'sila (hauts plateaux de l'Est) tombe sous les balles de Boumarafi Lembarek, un des officiers chargés de sa sécurité rapprochée. L'attentat est trop vite assimilé à un remake de celui d'Anouar al-Sadate en octobre 1981 par les balles des extrémistes religieux. Mais l'histoire ne se répète pas. Boudiaf vient assez vraisemblablement d'être trahi par ceux-là mêmes qui l'avaient appelé à la rescousse et dont il a trop sérieusement tenté de réformer le système. À bien des égards, son assassinat révèle cruellement la réalité de son échec. Mais sa mission ne relevait-elle pas de l'impossible ?

Figure fondatrice du F.L.N. glorieux de la guerre de résistance, Boudiaf a été membre du club très fermé de ces Fils de la Toussaint qui ont mis le mouvement nationaliste sur les rails de la victoire. Fait prisonnier par l'armée française lors de l'arraisonnement de l'avion de Ben Bella, il a connu la prison dorée du château de Turquant et les projets cent fois remaniés de l'État algérien à construire. La manière dont s'y emploie Ben Bella après l'indépendance ne lui convient pas. Figure centrale du F.L.N. en lutte, il en devient, aussitôt la victoire acquise, le premier des opposants. Son exclusion du parti est prononcée en 1964 en même temps que celles d'Aït Ahmed et Mohamed Khider, qui combattent, eux aussi, le monopole politique du F.L.N. Dès le 20 septembre 1962, dans une Algérie encore pluraliste, il crée le Parti de la révolution socialiste (P.R.S.), auquel il consacre dès lors toute sa vie politique. Trente années durant, le P.R.S. navigue entre nationalisme, marxisme et tiers-mondisme. Par deux fois, il tangue dangereusement : sur les côtes du Sahara occidental d'abord, dont Boudia [...]


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ALGÉRIE

  • Écrit par 
  • Charles-Robert AGERON, 
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Dans le chapitre « L'interruption du processus électoral et l'état d'urgence »  : […] Le 11 janvier 1992, l'armée « démissionne » Chadli, qui entendait cohabiter avec le F.I.S. Les ministres et les chefs militaires forment un Haut Conseil de sécurité qui décrète, le 12, la suspension du processus électoral. Un Haut Comité d'État se forme le 14 ; il fait appel, pour le présider, à Mohamed Boudiaf, un des chefs historiques du F.L.N., exilé depuis vingt-huit ans au Maroc où il dirige […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/algerie/#i_17301

INTERRUPTION DU PROCESSUS DÉMOCRATIQUE EN ALGÉRIE

  • Écrit par 
  • Christophe PÉRY
  •  • 227 mots

L'introduction du multipartisme en Algérie, à la suite des émeutes d'octobre 1988, a projeté le Front islamique du salut (F.I.S.) sur le devant de la scène politique. Au premier tour des premières élections législatives pluralistes depuis l'indépendance, ce parti, qui prône l'instauration d'un État islamique, devance largement le Front de libération nationale, ex-parti unique. L'armée, qui contrôl […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/interruption-du-processus-democratique-en-algerie/#i_17301

Les derniers événements

2-28 septembre 1995 • AlgériePoursuite des violences à l'approche de l'élection présidentielle.

, ancien ministre, membre influent de l'Organisation des moudjahidin, est tué à Alger. C'est le troisième homme politique de haut rang assassiné depuis le début des violences, au printemps de 1992, après le président Mohamed Boudiaf en juin 1992 et l'ancien Premier ministre Kasdi Merbah en août 1993.  [...] Lire la suite

3 juin 1995 • AlgérieCondamnation à mort de l'assassin du président Mohamed Boudiaf.

Au terme d'un procès qui n'a pas permis d'apporter de réponse à toutes les interrogations, la cour criminelle d'Alger condamne à mort le sous-lieutenant Lembarek Boumaarafi, reconnu comme le seul coupable de l'assassinat du président Mohamed Boudiaf, en juin 1992. La famille de l'ancien président conteste la thèse officielle de « l'acte isolé » d'un fanatique religieux.  [...] Lire la suite

1er-22 février 1995 • AlgérieLe ramadan marqué par de nombreuses violences.

sécurité de Serkadji, à Alger, où sont détenus environ six cent cinquante islamistes, dont plusieurs dirigeants du Front islamique du salut et du G.I.A. ainsi que l'assassin présumé du président Mohamed Boudiaf. Une centaine de prisonniers sont tués lors de l'assaut.  [...] Lire la suite

2-25 juillet 1992 • AlgérieNomination d'un nouveau Premier ministre, à la suite de l'assassinat de Mohamed Boudiaf.

Le 2, le Haut Comité d'État (H.C.E.) coopte Ali Kefi pour succéder à son président, Mohamed Boudiaf, assassiné le 29 juin. Combattant de la guerre d'indépendance, diplomate et secrétaire général de l'Organisation nationale des moudjahidin, cet ancien dignitaire du Front de libération nationale [...] Lire la suite

29 juin 1992 • AlgérieAssassinat du président Mohamed Boudiaf.

Mohamed Boudiaf, président du Haut Comité d'État, est tué dans une fusillade à Annaba, dans l'est du pays. L'un des chefs historiques du F.L.N., exilé au Maroc depuis 1964, il avait été appelé par le gouvernement et l'armée, après la démission du président Chadli Bendjedid et l'annulation [...] Lire la suite

4-26 février 1992 • AlgérieProclamation de l'état d'urgence.

Comité d'État proclame l'état d'urgence pour un an sur l'ensemble du territoire, ainsi que la dissolution du F.I.S. Dans la nuit, huit policiers sont tués lors d'embuscades à Alger et à Bordj Menaïel. Le 10, Mohamed Boudiaf, dans un discours télévisé, reconnaît que « le peuple réclame un changement [...] Lire la suite

2-29 janvier 1992 • AlgérieDémission du président Chadli Bendjedid et interruption du processus électoral.

, le H.C.S. crée un Haut Comité d'État (H.C.E.) auquel il confie l'ensemble des pouvoirs du chef de l'État. Le H.C.E. doit rester en fonctions jusqu'en décembre 1993. Sa présidence est assurée par Mohamed Boudiaf, un des membres fondateurs du F.L.N. en 1954, qui vivait volontairement en exil au Maroc [...] Lire la suite

Pour citer l’article

François BURGAT, « BOUDIAF MOHAMED - (1919-1992) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 07 décembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/mohamed-boudiaf/