BENDJEDID CHADLI (1929-2012)

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Chadli Bendjedid fut le troisième président de la République algérienne, de 1979 à 1992. Il mit en œuvre des réformes en faveur de la démocratie, promulgua une nouvelle Constitution et tenta d'organiser des élections législatives multipartites avant d'être renversé par l'armée.

Chadli Bendjedid naît le 14 avril 1929 à Bouteldja, au nord-est de l'Algérie française. Il sert dans l'armée coloniale jusqu'à la guerre d'indépendance en 1954. Il rejoint alors le Front de libération nationale (F.L.N.) fondé par Ahmed Ben Bella et gravit les échelons au sein de l'organisation. Après la déclaration d'indépendance de l'Algérie en 1962, le colonel Chadli Bendjedid commande la deuxième région militaire à Oran, de 1964 à 1978. Parallèlement, il rejoint le Conseil de la révolution mis en place en 1965 après le coup d'État de Houari Boumediene contre le président Ben Bella. Le colonel Bendjedid est nommé ministre de la Défense en novembre 1978. Lorsque le président Boumediene décède le mois suivant, le F.L.N., constitué en parti unique, désigne Chadli Bendjedid comme successeur.

Investi à la présidence du pays le 9 février 1979, Chadli Bendjedid lance au début des années 1980 un Plan anti-pénurie, qui se traduit par une hausse des importations mettant ainsi à mal les industries locales. Il est pourtant réélu en 1984, puis en 1988. Les mesures d'austérité qu'il met en œuvre à la fin de la décennie, à la suite de l'effondrement du cours du pétrole, déclenchent de violentes émeutes en octobre 1988. Chadli Bendjedid lance alors un processus de démocratisation. Il organise la tenue d'un référendum, le 23 février 1989, à l'issue duquel une nouvelle Constitution est approuvée. Celle-ci supprime notamment le rôle dirigeant du parti unique. De plus, une loi autorisant la création d'associations politiques est votée, ouvrant ainsi la voie au multipartisme. Par ailleurs, Chadli Bendjedid autorise, en 1990, Ahmed Ben Bella à rentrer d'exil et à reprendre une activité politique. À la faveur de cette ouverture politique, le Front islamique du salut (F.I.S.) arrive en tête du premier tour des élections législatives de décembre 1991, loin devant le F.L.N., et s'apprête à remporter la majorité absolue au Parlement lors du second tour qui doit se tenir le mois suivant. Mais, alors que Chadli Bendjedid laisse entendre qu'il cohabitera avec le F.I.S., l'armée le chasse du pouvoir le 11 janvier 1992 et suspend le processus électoral. L'ancien chef de l'État est assigné à résidence jusqu'en 1999, date à laquelle le président Abdelaziz Bouteflika autorise sa libération. Chadli Bendjedid meurt le 6 octobre 2012 à Alger.

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Dans le chapitre « La timidité des réformes »  : […] Sur recommandation de l'armée, le colonel Chadli Bendjedid est désigné comme successeur de Boumediene par le F.L.N., parti unique, en tant qu'« officier le plus ancien dans le grade le plus élevé ». Il est élu président de la République le 7 février 1979 […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/algerie/#i_82241

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Melinda C. SHEPHERD, « BENDJEDID CHADLI - (1929-2012) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 17 novembre 2018. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/chadli-bendjedid/