MĪR SAYYID ‘ALĪ (XVIe s.)

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Miniaturiste né en Azarbaïdjan, fils du peintre Mīr Musawwir qu'il surpasse, élève de Qāsim ‘Alī et influencé par Aqā Mirak, Mīr Sayyid ‘Alī travaille à Tabriz pour Shāh Tahmasp Ier. Humayun, réfugié à Tabriz, le rencontre en 1544 et l'invite à Kabul. En 1555, le peintre est à la cour de Delhi et le souverain le nomme directeur de l'atelier du palais. Mīr Sayyid ‘Alī fonde alors l'école moghole de peinture ; il poursuit son activité sous le règne d'Akbar, qui, lui aussi, protège les artistes, mais ses œuvres nous sont parvenues en très petit nombre : une miniature du Shahname (1537), une du Khamsed de Nizāmī (1539) représentant Madjnun et Layla, une au musée de Boston où l'on voit l'arrivée du prince héritier séfévide dans un campement de nomades. Le peintre se libère alors des conventions, et abandonne les thèmes héroïques pour ceux de la vie quotidienne. De sa période indienne, on connaît un certain nombre de portraits dont celui du Humayun. Son œuvre la plus connue est le Dastan i Amir Hamza. L'illustration de ce roman d'aventure occupe, sous sa direction, des dizaines d'artistes durant plusieurs années et constitue la base de ce que l'on appelle l'école moghole de peinture. Ce travail monumental comptait 2 400 miniatures de grand format dont il ne reste qu'une centaine de feuillets. Si aucune page ne peut être attribuée avec certitude à Mīr Sayyid ‘Alī, son influence se révèle dans maints détails. On note dans le paysage un renouveau du naturalisme auquel Behzad avait ouvert la voie, tandis que les scènes de la vie citadine abondent en détails pittoresques qui font de ses œuvres des documents d'histoire culturelle. L'élégance de son dessin et le raffinement de sa technique placent Mīr Sayyid ‘Alī parmi les peintres majeurs du xvie siècle.

—  Nikita ELISSÉEFF

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Dans le chapitre « La peinture »  : […] Grand amateur d'art, Bābur mourut en 1530 ; il n'eut donc pas le temps d'influencer l'art indien, mais il transmit son goût des œuvres d'art à ses descendants. Son fils Humāyūn, chassé de son royaume par un prince indo-afghan, se réfugia chez le roi de Perse, Shāh Tahmāsp. Il y fit la connaissance d'un peintre, élève de l'école de Behzad, Mīr Sayyid Alī, qu'il engagea et emmena à Delhi en 1555 l […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/moghols/#i_27703

Pour citer l’article

Nikita ELISSÉEFF, « MĪR SAYYID ‘ALĪ (XVIe s.) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 20 septembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/mir-sayyid-ali/