BEHZAD (1440-1536)

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On connaît mal la vie de Kamal al-Din Behzad, le plus grand maître de la miniature persane. Grâce à ses patrons, il bénéficia de grandes facilités. Il eut à ses débuts l'appui des Timourides ; après leur défaite, en 1508, il travailla pour le sultan uzbek Muḥammad khān Shaybani, puis, en 1510, alla s'installer à Tabriz, la capitale safavide. En 1522, le shāh Ismā‘il le nomme directeur de la Bibliothèque royale dont les ateliers deviennent ceux de son école. « La recherche actuelle, écrit Ettinghausen, s'est intéressée à l'identification des œuvres originales de Behzad », car bien peu sont de la main de l'ustad. Sa signature a été maintes fois apposée sur des œuvres sortant de ses ateliers et figure même sur des copies tardives, ce qui explique le désaccord des spécialistes sur leur authenticité. On lui attribue l'illustration d'un exemplaire du Bustan de Sa'di (Bibliothèque nationale du Caire) dont les miniatures sont d'une remarquable perfection, du Khamsa de Nizami, dont les deux manuscrits du British Museum regroupent environ vingt-cinq miniatures de lui et de ses élèves, et six des illustrations insérées dans le Zafar Nama dont le manuscrit de la collection Garrett de Baltimore a été exécuté en 1467. Enfin, une miniature du Gulestan de Téhéran est considérée comme une œuvre de ses dernières années. Nous connaissons mal l'évolution de celui qui, le premier, sut apporter à l'école timouride, jusque-là figée, un élément original et plein de vie. L'originalité de Behzad réside dans sa maîtrise de la composition picturale et dans un talent de coloriste qui se manifeste par une riche palette. Bien répartis dans l'espace pictural, les personnages dénotent un grand réalisme dans l'expression et dans le geste, comme en témoignent ses scènes de cour ou de la vie quotidienne. Dans les œuvres qui groupent de nombreux personnages, les visages ne sont pas de simples esquisses mais chacun a sa personnalité. Observateur attentif, il traite le paysage avec plus de naturalisme que ses prédécesseurs. Une des caractéristiques de son école est d'avoir triomphé des calligraphes, d'avoir pratiquement éliminé le texte : la miniature va désormais occuper toute la page avant de devenir indépendante de l'ouvrage.

—  Nikita ELISSÉEFF

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Pour citer l’article

Nikita ELISSÉEFF, « BEHZAD (1440-1536) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 20 février 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/behzad/