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HORTHY MIKLOS (1868-1957)

Amiral et homme d'État hongrois né le 18 juin 1868 à Kenderes (Autriche-Hongrie, auj. Hongrie), mort le 9 février 1957 à Estoril (Portugal).

Issu de la noblesse calviniste, Miklós Horthy de Nagybánya entre à l'École navale austro-hongroise de Fiume (auj. Rijeka, en Croatie) à l'âge de quatorze ans. Aide de camp de l'empereur François-Joseph de 1909 à 1914, il se distingue durant la Première Guerre mondiale où il sert comme commandant de marine, enfonçant à plusieurs reprises le blocus formé par l'Entente dans l'Adriatique. Promu en 1918 commandant en chef de la flotte impériale, il dirige en octobre le transfert de celle-ci vers l'éphémère État des Slovènes, Croates et Serbes.

L'année suivante, à la demande du gouvernement contre-révolutionnaire de Szeged (Hongrie), l'amiral Horthy lève une armée pour renverser la république des Conseils que Béla Kun a instaurée sur le modèle des Soviets. Ses troupes entrent dans la capitale en novembre 1919, après la fuite de Kun devant les troupes roumaines. Le Parlement hongrois qui a été élu en janvier 1920 se prononce pour le rétablissement de la monarchie mais ne rappelle pas sur le trône l'ex-empereur Charles Ier – le roi Charles IV en Hongrie. Le 1er mars, il offreà Horthy la régence, que celui-ci conservera vingt-quatre ans.

Dans les années 1920, Horthy se mêle peu des affaires publiques, laissant le gouvernement du pays au comte István Bethlen. Mais, au cours de la période trouble des années 1930, il prend de plus en plus d'influence et, en 1937, le Parlement lui accorde des pouvoirs considérablement étendus. Quoique dénué de sympathie pour Adolf Hitler, Horthy approuve sa « croisade contre le bolchevisme », qu'il redoute davantage. La perspective de voir la Hongrie récupérer des territoires dont l'avait amputée le traité de Trianon en 1920 rapproche progressivement le pays de l'Axe, qu'il rejoint en avril 1941. Engagé dans une campagne désastreuse à l'Est, objet des exigences de Hitler concernant les juifs de Hongrie, Horthy s'efforce de conserver de la distance. En octobre 1944, alors que l'Allemagne a pris le contrôle direct du pays depuis mars, il négocie une reddition avec Staline. Contraint d'abdiquer le 15 octobre, il est enlevé par les Allemands et emmené en Bavière, où il sera libéré puis à nouveau arrêté, en mai 1945, par la 7e armée américaine. En 1949, Horthy est autorisé à émigrer avec sa famille au Portugal, où il publie ses mémoires (Mémoires de l'amiral Horthy, régent de Hongrie, trad. franç., 1954).

— Universalis

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Écrit par

  • Universalis : services rédactionnels de l'Encyclopædia Universalis

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

Autres références

  • ANTISÉMITISME

    • Écrit par Esther BENBASSA
    • 12 229 mots
    • 9 médias
    ...République des Conseils de Béla Kun et par la terreur blanche qui lui succède, puis par le traité de Trianon qui lui enlève 60 p. 100 de son territoire. Sous la férule du régent Horthy, militaire calviniste, le pays cultive une idéologie antimoderniste qui proclame contraire à la tradition et à l'esprit...
  • HONGRIE

    • Écrit par Jean BÉRENGER, Lorant CZIGANY, Universalis, Albert GYERGYAI, Pierre KENDE, Edith LHOMEL, Marie-Claude MAUREL, Fridrun RINNER
    • 32 134 mots
    • 19 médias
    ...l'Entente et de leurs alliés tchèques et roumains, tout concourut à faire de cette expérience prématurée un échec. C'est l'armée, conduite par l'amiral Miklós Horthy et encouragée par les militaires français, qui reprit la capitale et organisa la répression. L'amiral Horthy institua un régime contre-révolutionnaire,...

Voir aussi