FROUNZE MIKHAÏL VASSILIEVITCH (1885-1925)

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Né au Turkestan d'un père officier de santé, Frounze poursuit ses études à l'Institut polytechnique de Saint-Pétersbourg ; il s'affilie aux cercles révolutionnaires d'étudiants et d'ouvriers, puis adhère au Parti social-démocrate, y adoptant les positions de la tendance bolchevique (1903). Expulsé de Saint-Pétersbourg en 1904 à la suite d'une manifestation, il travaille à Moscou puis à Ivanovo-Voznessensk, où il est un des organisateurs de la grande grève du textile en 1905. Lors de l'insurrection de cette même année, il est sur les barricades de Moscou, puis délégué aux congrès du parti à Londres (1905) et à Stockholm (1906) ; il mène alors une vie clandestine, entrecoupée d'arrestations. Condamné à mort en 1910, sa peine est commuée en peine de travaux forcés. Évadé en 1914, il s'engage dans l'armée sous un pseudonyme et y mène une active propagande révolutionnaire.

Lors de la révolution de février 1917, Frounze est en Biélorussie ; son attitude politique est conciliatrice : soutien au gouvernement provisoire, fusion avec les mencheviks. De retour dans la région d'Ivanovo-Voznessensk, il est président de la douma de la ville de Chouïa, qu'il représente à la conférence démocratique de Petrograd. Pendant l'insurrection d'Octobre, il participe aux combats de Moscou. Mais c'est la guerre civile qui le révèle comme chef militaire. Commandant la IVe armée sur le front oriental, puis artisan de la contre-attaque de 1919 contre le général Koltchak, Frounze conquiert définitivement la Crimée sur le général Wrangel. De même, il écrase les insurrections menées par Makhno, puis par Petlioura en Ukraine.

Responsable, avec Toukhatchevski, du débat qui s'ouvre à cette époque dans le Parti communiste russe sur le problème de l'organisation de l'armée révolutionnaire, Frounze conteste la politique prônée par Lénine et par Trotski. Il s'oppose à l'organisation d'une armée de type classique (rétablissement de la peine de mort pour désobéissance au feu, abandon du principe d'élection des chefs, recours aux anciens officiers de l'armée tsariste) ; il demande le retour aux méthodes de la guerre de partisans, des gardes rouges et des milices. Devant les succès remportés par l'Armée rouge, Frounze et l'opposition « antimilitariste » doivent s'incliner.

Au Xe Congrès du parti, il est élu au comité central ; fidèle partisan de Zinoviev, il est placé par celui-ci au commissariat du peuple à la Guerre, lorsque Trotski en est écarté. Il meurt à l'hôpital des suites d'une opération chirurgicale bénigne. Certains ont émis l'hypothèse que Staline l'avait fait liquider, Frounze s'étant toujours opposé à l'intervention de la Guépéou dans l'armée.

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Paul CLAUDEL, « FROUNZE MIKHAÏL VASSILIEVITCH - (1885-1925) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 10 décembre 2018. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/mikhail-vassilievitch-frounze/