MIGRAINE

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Le langage courant confond souvent les termes « migraine » et « mal de tête ». La migraine ou hémicrânie constitue une variété bien particulière de céphalées, survenant par accès intermittents. Dans la crise migraineuse sans aura, la plus fréquente, la douleur est hémicrânienne et revêt souvent un caractère pulsatile ; elle est accompagnée de nausées, de vomissements ainsi que d'une intolérance au bruit, à la lumière, voire aux odeurs.

Les crises de migraine avec aura (migraines « ophtalmiques », migraines accompagnées de symptômes neurologiques) sont beaucoup plus rares (10 à 15 p. 100). La phase céphalalgique y est alors précédée de signes visuels et/ou neurologiques qui peuvent durer d'un quart d'heure à une heure.

Le diagnostic de migraine se fait à l'interrogatoire et ne nécessite habituellement aucun examen complémentaire. La maladie migraineuse touche 12 p. 100 de la population adulte, mais elle est nettement plus fréquente chez la femme ; vers l'âge de trente à quarante ans, elle va toucher une femme sur quatre.

La maladie migraineuse est une affection bénigne et les complications sont tout à fait exceptionnelles. Ce qui en fait la gravité fonctionnelle est la fréquence des crises et leur retentissement sur l'activité du sujet. Cette fréquence est très variable d'un individu à l'autre et, chez un même individu, selon les périodes. Les facteurs alimentaires, le rythme de vie, les variations du cycle hormonal, les facteurs psychologiques peuvent être des éléments favorisant l'éclosion des crises.

La physiopathologie de la migraine reste imparfaitement comprise. Le soubassement génétique de la migraine, suspecté cliniquement, paraît de plus en plus vraisemblable à la lumière des récents travaux sur la migraine hémiplégique familiale (existence de mutations au niveau des chromosomes 19 et 21) ; Ces éléments génétiques pourraient rendre compte d'une hyperexcitabilité du système nerveux à différents niveaux (diencéphale, tronc cérébral, cortex cérébral). L'excitation de ces différentes structures neuronales déterminerait un phénomène inflammatoire – sans participation d'éléments infectieux – au niveau des vaisseaux de la dure-mère avec une libération de substances algogènes (sérotonine, peptides, etc.). Cette théorie neuro-vasculaire de la migraine a largement bénéficié des travaux suscités par une nouvelle classe d'agent antimigraineux, les triptans.

—  Patrick HENRY

Écrit par :

  • : professeur de neurologie, doyen de la faculté de médecine, Bordeaux

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TRIPTANS

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  • Patrick HENRY
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Découverte marquante des années 1990, tant sur le plan thérapeutique qu'au niveau de la compréhension physiopathologique de la maladie migraineuse, le Sumatriptan, premier triptan mis sur le marché, a été développé spécifiquement selon l'hypothèse qu'il existerait au moment de la crise de migraine une dépression en sérotonine. Il se comporte comme un agoniste sélectif de certains récepteurs à la […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/triptans/#i_42093

Pour citer l’article

Patrick HENRY, « MIGRAINE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 19 avril 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/migraine/