SEUPHOR MICHEL (1901-1999)

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à Anvers en 1901, Michel Seuphor, de son vrai nom Fernand Berckelaers, s'est d'abord fait connaître dans son pays, où les Wallons étaient alors majoritaires, comme militant de la cause flamande, puis comme poète et éditeur de la revue Het Overzicht (Le Panorama), qu'il a fondée en 1921 avec Geert Pijnenburg. Cette revue politique et culturelle, qui paraîtra jusqu'en 1925, s'orientera de plus en plus vers les arts plastiques et les courants d'avant-garde.

Lié avec le dadaïste belge Paul Joostens, il se rend à Berlin en 1922, l'année suivante à Paris et aux Pays-Bas et noue des relations avec de nombreux artistes. Il adopte le pseudonyme de Michel Seuphor, auquel il avait pensé en 1918 en composant un anagramme à partir du nom d'Orphée, s'installe à Paris en 1925, où il fréquente l'atelier de Mondrian.

Avec le poète Paul Dermée, le créateur de la revue L'Esprit nouveau dont la parution venait de cesser, il reprend l'idée d'une revue artistique internationale, qu'il fonde en 1927 avec la collaboration d'Enrico Prampolini sous le titre Documents internationaux de l'Esprit nouveau, qui ne comprendra qu'un seul numéro. Il participe activement à la vie artistique parisienne, en publiant de nombreux textes, en composant un spectacle (L'Éphémère est éternel, écrit en 1926, décors de Mondrian, ne sera représenté qu'en 1974), en organisant des expositions. Il joue un grand rôle dans la défense de l'art abstrait et crée avec le peintre uruguayen Torres-Garcia Cercle et Carré, groupe où se retrouvent Mondrian, Kandinsky, Russolo, Vantongerloo, Arp, mais aussi de nouveaux venus comme Jean Gorin et Marcelle Cahn. Une revue du même nom, dont Michel Seuphor est le rédacteur en chef, paraît en 1930 (3 numéros publiés), tandis qu'une exposition de groupe autour du thème de la « Synthèse des arts » est organisée à la Galerie 23, rue La Boétie. Mais des dissensions éclatent dans le milieu des artistes abstraits, Théo van Doesburg ayant constitué la même année un mouvement concurrent baptisé Art Concret. C'est l'association Abstraction-Création art non figuratif, créée en 1931 par Herbin et Vantongerloo, qui prendra le relais de Cercle et Carré, mais sans Michel Seuphor, alors occupé avec le poète polonais Jan Brzekowski et le peintre Henryk Stazewski à constituer la « Collection internationale d'art nouveau », qui sera donnée à la ville de Łódź.

Traversant une crise mystique, Michel Seuphor se retire en 1934 avec son épouse à Anduze, dans le Gard, où il publie un bulletin, des poèmes, puis un roman à clés, largement autobiographique, Les Évasions d'Olivier Trickmansholm (1939), dans lequel il relate ses débuts et son activité à Paris. Il s'engage avant guerre dans le combat contre le fascisme, aide des actions de résistance pendant l'Occupation.

En 1946, Willem Sandberg lui demande de collaborer à l'exposition Piet Mondrian au Stedelijk Museum d'Amsterdam. De retour à Paris en 1948, Seuphor publie pour la galerie Maeght L'Art abstrait ses origines ses premiers maîtres, suivi en 1949 d'une exposition organisée avec Louis Clayeux sous le patronage d'Andry-Farcy, le conservateur du musée de Grenoble. Michel Seuphor commence alors la troisième partie de sa vie, où il poursuit son activité de critique d'art. Il collabore à la revue Art d'aujourd'hui et se trouve engagé dans la défense de l'art abstrait, en particulier contre Charles Estienne. Il aide alors de nombreux jeunes artistes à leurs débuts, comme Aurélie Nemours. Parallèlement, il recommence à dessiner, avec de plus en plus d'intensité : ses dessins à lacunes font l'objet d'expositions, de commandes et d'achats.

En 1956 paraît Piet Mondrian, monographie accompagnée d'un essai de catalogue, ouvrage majeur dans lequel il fixe pour longtemps une certaine image de l'artiste, grand esprit mais personnage distant et isolé. Puis viennent les livres de référence : en 1957, le Dictionnaire de la peinture abstraite, un travail de fond inattendu pour un poète et artiste qui se consacre à la critique d'art, est suivi immédiatement par La Sculpture de ce siècle. Tout en collaborant aux revues L'Œil et Quadrum, il publie en 1962 sa première histoire [...]

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Serge LEMOINE, « SEUPHOR MICHEL - (1901-1999) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 26 janvier 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/michel-seuphor/