MERLIN DE DOUAI PHILIPPE ANTOINE MERLIN dit (1754-1838)

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Fils d'agriculteur, reçu avocat à Douai, Merlin est déjà conseiller juridique et financier du duc d'Orléans avant la Révolution. Député à la Constituante, il y soutient le parti patriote ; député à la Convention, il siège à la Plaine, mais vote presque toujours avec la Montagne, notamment pour la mort de Louis XVI. Il reçoit diverses missions dans les départements et travaille surtout au Comité de législation ; à ce dernier titre, il est chargé de mettre en forme la fameuse loi définissant les « suspects » et les mesures à prendre contre eux (17 septembre 1793) ; paradoxalement, ce modéré gardera toujours la célébrité dangereuse attachée à un instrument capital de la Terreur.

Merlin (qui se fait appeler de Douai pour se distinguer d'un autre Conventionnel, Merlin dit de Thionville) reste à l'écart des préparatifs du 9-Thermidor, mais devient l'un des thermidoriens les plus influents dans le nouveau pouvoir ; il sera le seul, avec Cambacérès, à être trois fois membre du nouveau Comité de salut public. Il continue à s'occuper des questions juridiques, mais de plus en plus sous l'angle répressif et policier. Sous le Directoire, il est successivement ministre de la Justice, puis de la Police, puis de nouveau de la Justice. Sa politique est exemplairement centriste : frapper les babouvistes, mais sévir contre les clichyens. Au lendemain du coup d'État de Fructidor, à la préparation duquel il a collaboré, il entre au Directoire et reste en charge jusqu'en juin 1799. Le 18-Brumaire obtient sa complaisance.

Napoléon apprécie ses qualités juridiques, la clarté d'un esprit rigoureux mais non scrupuleux et toujours prêt à servir ; Merlin de Douai, procureur général auprès de la Cour de cassation, conseiller d'État à vie, ministre d'État aux Cent-Jours, tient, comme conseiller et comme chargé d'enquêtes et de questions diverses, une place beaucoup plus importante que ses titres ne l'indiquent. Proscrit après Waterloo, il vivra quinze ans à Bruxelles, s'occupant surtout de mettre la dernière main à un monumental Répertoire de jurisprudence. Il n'acceptera de rentrer en France qu'après la révolution de Juillet.

—  Jean MASSIN

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Jean MASSIN, « MERLIN DE DOUAI PHILIPPE ANTOINE MERLIN dit (1754-1838) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 14 juin 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/merlin-de-douai/