CLICHYENS

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À partir de l'automne de 1795, à Paris, des républicains de droite, libéraux conservateurs comme Boissy d'Anglas ou Lanjuinais, et des royalistes modérés, comme Dandré, prennent l'habitude de se réunir dans un club de la rue de Clichy, sur l'initiative du député Gilbert-Desmolières. S'y retrouvent d'anciens Girondins, comme Henry-Larivière, d'anciens Feuillants, comme Mathieu Dumas, même d'anciens Conventionnels comme Carnot, dont le frère Carnot-Feulint joue un grand rôle dans le club. Tous ont en commun la volonté de conserver les nouvelles institutions du Directoire, censées garantir le retour à l'ordre et assurer le gouvernement des « meilleurs », et ils sont décidés à lutter contre les « anarchistes », ces anciens Jacobins qui veulent revenir aux principes révolutionnaires. Cette recomposition du paysage politique a plusieurs causes : les royalistes sont divisés, mais l'espoir d'un rétablissement du roi par la force est devenu exclu, à la suite des échecs de la Contre-Révolution à l'intérieur et des négociations entamées entre les souverains étrangers et la France, qui débouchent sur des traités de paix. Surtout, le succès des principales personnalités du club lors des élections de 1795 a paru asseoir leur légitimité.

En 1795-1796, ce club permet que s'échangent des positions qui auraient été tout à fait incompatibles quelques mois plus tôt, et assure le succès du premier Directoire. Cependant, il sert aussi de point de ralliement – voire de couverture – aux royalistes plus radicaux, comme Imbert-Colomès, qui est un des chefs du mouvement clandestin lié à Louis XVIII, l'Agence de Souabe ; ils l'utilisent pour reconquérir l'opinion publique, en s'affrontant parfois avec les plus légalistes. Ces efforts politiques, appuyés par une propagande efficace, assurent le succès électoral des royalistes aux élections de 1797, au point que Barthélemy, ambassadeur soupçonné de trop de complaisance envers les émigrés, devient directeur. Devant cette menace royaliste, le coup d'État du 18 Fructidor an V (4 septembre 1797) met fin à la vie du club, dont les principaux acteurs sont arrêtés.

—  Jean-Clément MARTIN

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Dans le chapitre « La course au pouvoir (1796-1798) »  : […] À partir de 1795, le pays s'engage dans une réorganisation générale. Un système scolaire pyramidal est installé : les départements sont dotés d'écoles centrales (24 février 1795), elles-mêmes chapeautées par les grandes écoles créées l'année précédente (de santé, des arts et métiers, des travaux publics – future polytechnique – et normale), et enfin par l'Institut national (25 octobre 1795), qui […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/revolution-francaise/#i_41104

Pour citer l’article

Jean-Clément MARTIN, « CLICHYENS », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 24 mai 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/clichyens/