MEDJERDA

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Caractérisé par un écoulement permanent sur l'ensemble de son cours, la Medjerda est le seul fleuve tunisien. Elle prend sa source près de Souk-Ahras (dans le Constantinois algérien) puis coule vers l'est avant de se jeter dans la Méditerranée (golfe de Tunis). Son bassin-versant s'étend sur 22 000 kilomètres carrés, dont 6 000 en Algérie. Son régime est typiquement méditerranéen et présente une forte irrégularité. À Medjezel-Bab, les débits des basses eaux (étiages en juillet) sont de 5 à 10 mètres cubes par seconde ; ils descendent parfois à 1 mètre cube par seconde ; ceux des crues atteignent de 500 à 700 mètres cubes par seconde, et même, en cas d'averses torrentielles, 1 000 mètres cubes par seconde. Les contrastes interannuels sont aussi très accusés : les débits moyens annuels peuvent varier de 1 à 4 : 1950-1951, 404 millions de mètres cubes ; 1953-1954, 1 620 millions de mètres cubes. Avant la construction de barrages sur ses affluents (oued el-Lil, Mellègue), on évaluait à 13 millions de tonnes la masse des matériaux transportés par an jusqu'au delta, en progression très rapide.

Sous le protectorat français, la création de l'Office de la mise en valeur de la vallée de la Medjerda devait être le point de départ en vue d'utiliser la Medjerda pour l'irrigation de 50 000 hectares de terres de la basse vallée. Dès 1956, le barrage du Mellègue à Nebeur retient 150 millions de mètres cubes en vue d'atténuer les crues et de maintenir les débits d'étiage à 15 mètres cubes par seconde dans le cours inférieur ; le barrage « au fil de l'eau » d'El Aroussia-Taullierville relève le plan d'eau à 10 mètres au-dessus des étiages et alimente deux canaux principaux d'irrigation. Dans la basse plaine, le recoupement de deux grands méandres vise à faciliter l'écoulement des crues, et le drainage systématique des secteurs marécageux assure son assainissement. Le reboisement et l'aménagement en banquettes des versants des djebels limitent l'érosion des sols et ralentissent le colmatage des barrages.

Après l'indépendance, l'œuvre est poursuivie par l'Office national de la Medjerda. Il assure la formation des fellahs et le remembrement des terres à irriguer, le choix des cultures et leur sélection (riz, coton, luzerne, cultures maraîchères) dans des stations agronomiques expérimentales. La réalisation de ce projet a permis d'accroître la productivité des terres et d'attirer de nouvelles populations. Dans la basse Medjerda a été réalisé le plus vaste périmètre irrigué tunisien (agrumes et cultures maraîchères).

—  Roger COQUE

Écrit par :

  • : professeur des Universités, professeur émérite à l'université de Paris-I-Panthéon-Sorbonne

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Pour citer l’article

Roger COQUE, « MEDJERDA », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 15 août 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/medjerda/