MATTHIAS DE L'OBEL (1538-1616)

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Botaniste flamand, Matthias (ou Mathias) de L’Obel (ou de Lobel), en latin Matthaeus Lobelius, proposa un mode de classement des plantes reconnu par ses contemporains comme l’un des meilleurs de cette époque.

Né à Lille, dans les Flandres françaises, en 1538, Matthias de L’Obel étudie à Montpellier sous la direction de Guillaume Rondelet, qui lui lègue ses manuscrits botaniques (1566). Il y rencontre le jeune Pierre Pena qui collaborera avec lui et sera aussi docteur en médecine de Montpellier. De L’Obel se consacre à la médecine et devient apothicaire de Guillaume d’Orange (Guillaume le Taciturne) à Delft, jusqu’à l’assassinat de ce dernier en 1584. Il émigre alors, avec Pena, en Angleterre pour y trouver une vie paisible sous le règne d’Elisabeth, favorable aux arts et aux sciences. De L’Obel est bien accueilli dans ce pays, puisqu’il devient superintendant du jardin médicinal d’Hackney, appartenant au lord Edward la Zouche (qu’il accompagnera à Copenhague en 1598), et obtient le titre de botaniste du roi auprès de Jacques Ier d’Angleterre.

Matthias de L’Obel 

Photographie : Matthias de L’Obel 

Portrait du médecin et botaniste Matthias de L’Obel (1538-1616) qui a été gravé par Francis Delaram en 1615. L’origine du nom de ce scientifique, né à Lille, serait Obel, Aubel ou Aubeau, ce qui signifie « peuplier blanc » (Populus alba) en langue d’oïl. Sous son portrait,... 

Crédits : Historical Picture Archive/ Corbis Historical/ Getty Images

Afficher

De L’Obel herborise durant ses nombreux voyages dans le midi de la France, une partie de l’Italie, le Tyrol, la Suisse, l’Allemagne, les Pays-Bas et l’Angleterre.

Le Stirpium adversaria nova que Pierre Pena et Matthias de L’Obel publient en 1571, à Londres, est dédicacé à la reine Elisabeth. Il faut comprendre le terme adversaria au sens commercial de « livre-journal ». Cet ouvrage contient les grandes lignes de la classification suivie par ces deux botanistes. De L’Obel augmentera ce travail et le publiera, sous son nom seul, en 1576, sous le titre de Plantarum seu stirpium historia, illustré par des gravures sur bois. De L’Obel minimise la collaboration avec Pierre Pena, en le faisant disparaître comme coauteur, s’attribuant ainsi tous les mérites de ce travail. Enfin, de L’Obel traduit ce Plantarum en flamand (Kruydtboeck oft beschrijvinghe van allerleye ghewassen, kruyderen, hesteren, ende gheboomten) en 1581 avec une dédicace à Guillaume d’Orange. Christopher Plantin, son éditeur, utilise, aux côtés de nouveaux bois gravés à cette occasion, ceux qui ont notamment servi à illustrer les travaux des botanistes flamands Rembert Dodoens et Charles de l’Écluse (ou de l’Escluse).

Frontispice de « Plantarum seu stirpium historia »

Photographie : Frontispice de « Plantarum seu stirpium historia »

Matthias de Lobel publie en 1576 « Plantarum seu stirpium historia » (ici frontispice), une adaptation d’un ouvrage antérieur – « Stirpium adversaria nova » – qu’il avait écrit en collaboration avec Pierre Pena, botaniste provençal. Ce livre contient plus de 2 000 dessins de... 

Crédits : BIU Santé Médecine, Paris, cote : 02050

Afficher

De L’Obel, comme le naturaliste suisse Gaspard Bauhin, ordonne les plantes des plus simples aux plus complexes. Même s’il ne donne pas les principes de son schéma classificatoire, ni ne définit clairement les groupes qu’il forme, il tient essentiellement compte des ressemblances et des différences entre les formes des feuilles, laissant de côté les critères tirés des fleurs et des fruits. De L’Obel distingue ainsi les classes que nous nommons Monocotylédones et Dicotylédones. Il remarque aussi les caractéristiques communes des feuilles des plantes aquatiques, ainsi que l’absence de couleur verte chez les plantes saprophytes (se nourrissant de matières organiques mortes) et parasites. Malgré quelques regroupements curieux, le schéma de de L’Obel représente, avec l’œuvre de Gaspard Bauhin, les premiers efforts de classification des plantes avant les travaux de l’Italien Andrea Cesalpino, qui portera son attention sur les fleurs et les fruits. Toutefois, le botaniste français Joseph Pitton de Tournefort estime ses descriptions moins fiables que celles de Charles de l’Écluse et souligne les erreurs dans les localités d’origine de nombre de plantes citées.

Matthias de L’Obel meurt à Highgate (Angleterre) le 3 mars 1616. Charles Plumier lui dédiera le genre Lobelia, plantes de la famille des Campanulacées. Ce genre sera repris par le naturaliste suédois Carl von Linné.

1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 2 pages

Médias de l’article

Matthias de L’Obel 

Matthias de L’Obel 
Crédits : Historical Picture Archive/ Corbis Historical/ Getty Images

photographie

Frontispice de « Plantarum seu stirpium historia »

Frontispice de « Plantarum seu stirpium historia »
Crédits : BIU Santé Médecine, Paris, cote : 02050

photographie

Afficher les 2 médias de l'article


Écrit par :

Classification

Pour citer l’article

Denis LAMY, « MATTHIAS DE L'OBEL (1538-1616) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 06 mai 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/matthias-de-l-obel/