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MATHEMATICAL PSYCHICS, Francis Ysidro Edgeworth Fiche de lecture

Cet ouvrage d'économie mathématique, publié neuf ans avant que Francis Ysidro Edgeworth (1845-1926) n'obtienne la chaire d'économie politique à Oxford, fait partie des premiers travaux qui ont amorcé la « révolution marginaliste ». Dans le prolongement des écrits de Stanley Jevons, Mathematical Psychics (Psychologie mathématique) contribue à poser les bases d'une analyse de l'échange centrée sur les comportements d'individus guidés par la recherche d'une satisfaction individuelle maximale. Edgeworth s'attaque à l'une des principales difficultés rencontrées par la théorie marginaliste : certaines organisations marchandes conduisent à une indétermination du taux auquel les biens s'échangent entre les agents. Il ressort de l'ouvrage une conception claire des conditions d'application de la théorie des prix, encore en vigueur aujourd'hui.

L'indétermination de l'équilibre économique

L'objectif d'Edgeworth est de déterminer dans quelle mesure le contrat d'échange passé entre des agents est indéterminé. La première moitié de l'ouvrage – le calcul économique – débute par la construction d'un modèle où deux individus négocient l'échange de deux biens qu'ils détiennent. Edgeworth y démontre que le résultat d'un tel échange est indéterminé : il existe une infinité d'accords bilatéraux possibles à l'intérieur d'une zone délimitée par les niveaux de réservation (niveaux de satisfaction minima où se situent les deux individus quand ils n'échangent pas). Cette situation constitue un cadre de référence pour analyser les effets de la concurrence et de l'arrivée sur le marché de nouveaux individus qui communiquent directement entre eux par le biais de marchandages. La concurrence est ainsi appréhendée à travers la formation et la disparition de coalitions : chacun peut rompre des contrats passés avec un ou plusieurs partenaires et « recontracter » avec d'autres pour augmenter son niveau de satisfaction. Cette analyse débouche sur deux résultats. Le premier est une définition de l'équilibre économique généralement attribuée à Vilfredo Pareto (1909) : dans une telle économie, une répartition des biens par l'échange ne peut être un équilibre que si elle n'offre plus aucune possibilité de nouveaux contrats mutuellement avantageux. Le second renvoie à la question qui ouvrait le calcul économique : l'indétermination du résultat final n'est pas levée par la concurrence, mais la zone d'indétermination « diminue à mesure que le nombre de concurrents augmente ». En d'autres termes, le degré d'indétermination de l'équilibre dépend du nombre d'agents présents.

Débute alors la seconde moitié de l'ouvrage – le calcul utilitariste – dont la vocation est d'offrir à un planificateur bienveillant un critère qui lui permette de répartir les biens, lorsque le mécanisme d'allocation par le marché à lui seul conduit à un équilibre indéterminé. Edgeworth tente ainsi – sans grand succès – de démontrer que le critère de répartition qui doit être privilégié revient à allouer les biens de façon à ce que la satisfaction totale de l'économie soit maximale (maximisation de l'utilité collective), indépendamment des dotations initiales des agents.

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Écrit par

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

Autres références

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