MARTINES DE PASQUALLY (1710-1774)

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D'origine incertaine, Martines de Pasqually, personnage dont l'évolution spirituelle reste encore mal connue faute de documents, apparaît tout à coup vers 1754 ; il commence alors une carrière de thaumaturge, surtout de théurge, et s'impose d'emblée comme un théosophe considérable, un mage nanti de pouvoirs prodigieux. Sa doctrine, dont le caractère chrétien ne fait aucun doute, se présente comme la clef de toute cosmogonie eschatologique : Dieu, l'Unité primordiale, donna une volonté propre à des êtres « émanés » de lui ; mais Lucifer, ayant voulu exercer lui-même la puissance créatrice, tomba victime de sa faute en entraînant certains esprits dans sa chute ; il se trouva enfermé avec eux dans une matière destinée par Dieu à leur servir de prison. Puis la Divinité envoya l'homme, androgyne au corps glorieux et doué de pouvoirs immenses, pour garder ces rebelles et travailler à leur résipiscence ; c'est même à cette fin qu'il fut créé. Adam prévariqua à son tour et entraîna la matière dans sa chute ; il s'y trouve maintenant enfermé ; devenu physiquement mortel, il n'a plus qu'à essayer de sauver la matière et lui-même. Il peut y parvenir, avec l'aide du Christ, par la perfection intérieure, mais aussi par les opérations théurgiques qu'enseigne Martines aux hommes de désir qu'il estime dignes de recevoir son initiation : fondées sur un rituel minutieux, ces opérations permettent au disciple d'entrer en rapport avec des entités angéliques qui se manifestent dans la chambre théurgique sous forme de « passes » rapides, généralement lumineuses ; ces dernières représentent des caractères ou hiéroglyphes, des signes des esprits invoqués par l'opérant, auquel les manifestations prouvent qu'il se trouve sur la bonne voie de la Réintégration.

Cette doctrine, destinée à une élite réunie sous le nom d'élus « cohens » (prêtres élus), connaîtra une fortune singulière, mais les opérations théurgiques resteront réservées aux seuls initiés. De 1754 à sa mort, Martines travaille à la construction de son te [...]

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Écrit par :

  • : directeur d'études à l'École pratique des hautes études (Ve section), professeur à l'université de Bordeaux-III

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Pour citer l’article

Antoine FAIVRE, « MARTINES DE PASQUALLY (1710-1774) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 13 novembre 2018. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/martines-de-pasqually/