MARIE-MADELEINE sainte (Ier s.)

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Les données de l'Évangile sur Marie-Madeleine sont simples, mais les légendes se sont multipliées au point de former un fouillis inextricable.

Magdala est un village de la rive occidentale du lac de Tibériade, au nord de la ville de ce nom. Marie de Magdala, dont on a fait Madeleine, fut guérie par Jésus, qui chassa d'elle « sept démons ». Cette expression ne signifie pas qu'elle fut de mœurs légères. Elle appartint au groupe des femmes qui suivaient Jésus et l'aidaient de leurs biens. Elle assista à la Passion, mais aucun texte ne la place au pied de la Croix. Elle était présente lors de la mise au tombeau, et, au matin de Pâques, elle fut la première à trouver le tombeau vide (Matthieu, xxvi, 6-13). Elle courut prévenir Pierre et Jean, puis revint et fut favorisée de la première apparition du Christ ressuscité.

L'évangéliste Luc raconte (vii, 36-50) comment une pécheresse oignit de parfum les pieds de Jésus et les essuya avec ses cheveux. Les trois autres évangélistes connaissent une autre onction, faite à Béthanie, par Marie, la sœur de Marthe et de Lazare (Jean, xii, 1-8). Quelques Pères de l'Église hésitèrent avant d'identifier ces deux femmes avec Marie-Madeleine, mais, durant tout le Moyen Âge, en Occident, on crut qu'il n'y avait qu'une seule personne. Les Orientaux pensaient plutôt qu'il y avait trois personnes distinctes. C'est l'avis des exégètes modernes, auquel s'est rallié le calendrier romain général, qui a gardé, pour Marie-Madeleine, la date traditionnelle du 22 juillet.

Née en Orient, la dévotion à Marie-Madeleine se propagea en Occident à partir du ixe siècle. Le premier centre de pèlerinage fut Vézelay, qui, lancé au xie siècle, connut son apogée au xiie. Au xiiie siècle, il fut supplanté par la Provence, où on localisa le tombeau de Madeleine à Saint-Maximin, le lieu de sa retraite pénitente à la Sainte-Baume, son débarquement aux Saintes-Maries-de-la-Mer.

Très populaire, sainte Marie-Madeleine a été souvent représentée. On la reconnaît au vase de parfum qu'elle porte et, plus encore, à son abondante et magnifique chevelure.

—  Jacques DUBOIS

Écrit par :

  • : moine bénédictin, directeur d'études à l'École pratique des hautes études (IVe section)

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Pour citer l’article

Jacques DUBOIS, « MARIE-MADELEINE sainte (Ier s.) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 15 février 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/marie-madeleine-sainte/