MAḤMŪD ou MAHMUT II (1784-1839) sultan ottoman (1808-1839)

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Sultan ottoman (1808-1839), né le 20 juillet 1784 à Constantinople, mort le 1er juillet 1839 à Constantinople.

Mahmud II accède au pouvoir le 28 juillet 1808, lorsque Bayraktar Mustafa, pacha de Rušcuk (auj. Ruse, Bulgarie), renverse Mustafa IV, le frère de Mahmud tout juste monté sur le trône. Bayraktar avait d'abord voulu rétablir Sélim III, déposé puis exécuté par les janissaires qui étaient opposés à la réforme de leur corps. Sitôt sur le trône, Mahmud nomme Bayraktar grand vizir et veut reprendre les réformes de Sélim III. Il se heurte cependant aux janissaires, qui se révoltent avant la fin de l'année 1808 et font tuer Bayraktar. Mahmud devra attendre le milieu des années 1820 pour mettre en œuvre son programme réformateur.

Au début de son règne, il voit son empire s'affaiblir dans les Balkans. La guerre contre la Russie rejaillit par intermittence malgré la trêve de 1807. Mahmud y met définitivement un terme par le traité de Bucarest (28 mai 1812) et cède la Bessarabie à la Russie. En 1815, la Serbie est pratiquement devenue autonome tandis qu'un mouvement indépendantiste émerge en Grèce. Face à la révolte des Grecs de Morée (Péloponnèse) en 1821, Mahmud demande l'aide du pacha d'Égypte, Mehmed-Ali. Après des massacres dans les deux camps, les Ottomans restaurent partiellement leur autorité en Grèce lorsqu'une flotte européenne, rassemblant Britanniques, Français et Russes, détruit les flottes ottomane et égyptienne dans la baie de Navarin (20 octobre 1827), dans le sud de la Grèce. Mahmud déclare alors le djihad contre les infidèles. Vaincu par les Russes en 1828-1829, il est contraint de reconnaître l'indépendance de la Grèce en 1830.

Mahmud a accepté de nommer Mehmed-Ali gouverneur de Syrie et de Tarse (auj. Tarsus), dans le sud de l'Anatolie, en échange de l'aide apportée en Grèce. En 1831, celui-ci demande le poste qui lui a été promis et, face au refus de Mahmud, envoie son fils Ibrahim envahir la Syrie. Les troupes de ce dernier s'emparent alors de Damas et d'Alep, mettent en déroute l'armée ottomane à Konya (1832) et avancent vers Constantinople. Mahmud demande alors l'appui des Britanniques mais ceux-ci refusent car l'Égypte est soutenue par la France. Le sultan se tourne alors vers la Russie, qui envoie sa flotte dans le Bosphore après avoir signé le traité d'Unkiar-Skelessi (juillet 1833), qui ferme la mer Noire à tout navire de guerre ennemi. Déterminé à prendre sa revanche, Mahmud envoie son armée combattre les Égyptiens en Syrie mais elle est écrasée à Nisibe le 24 juin 1839, quelques jours avant la mort du sultan.

La succession de défaites militaires et d'insurrections séparatistes avaient convaincu rapidement Mahmud de la nécessité de réformer son armée et l'administration. En 1826, il supprimait par la force le corps des janissaires, fondé cinq siècles plus tôt, massacrant des milliers d'entre eux. Il abolissait également l'octroi de fiefs militaires aux cavaliers (1831) avant de fonder une nouvelle armée, placée sous son contrôle direct et entraînée par des instructeurs allemands.

Sur le plan administratif, Mahmud a adopté un gouvernement fondé sur un cabinet ministériel, organisé un recensement ainsi qu'un relevé cadastral et a crée un service postal (1834). En matière d'éducation, il déclara l'école primaire obligatoire, ouvra une école de médecine et envoya des étudiants en Europe. Il abolit également le droit du sultan à confisquer la propriété d'un officiel décédé. Il prescrivit enfin l'abandon du costume traditionnel au profit des vêtements occidentaux. Ces réformes occidentales ont consolidé l'assise de l'Empire ottoman malgré les défaites militaires et les pertes territoriales qu'a subit Mahmud.

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« MAḤMŪD ou MAHMUT II (1784-1839) - sultan ottoman (1808-1839) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 25 janvier 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/mahmud-mahmut-ii/