MAGES

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Nom des membres d'une tribu mède (selon Hérodote) à qui l'ensemble de la tradition grecque attribue l'exclusivité du pouvoir sacerdotal en Iran. Le mot « mage » (en iranien, maga) apparaît en Occident, à partir des premiers siècles de notre ère, comme un synonyme de « sectateur de Zoroastre » et de « servant du culte d'Ahura Mazdâ ». D'autre part, les auteurs classiques voient dans les mages des sorciers et des devins, au point que tout ce qui relève des pratiques occultes prend le nom de « magie » (le mot est employé par Platon).

Il n'est cependant pas possible d'accepter l'idée que les mages furent les premiers mazdéens : ils sont originaires du nord-ouest de l'Iran, alors que le zoroastrisme, de toute évidence, naquit dans le Nord-Est et en Bactriane. De plus, leur nom même n'apparaît jamais dans l'Avesta. On est donc amené nécessairement à l'hypothèse d'une évolution historique : la tribu des mages se serait convertie, parmi les premières, à la religion prêchée (ou réformée) par Zarathoushtra, et les divers clans qui la composaient auraient progressivement conquis le monopole du pouvoir sacerdotal. Cette explication demeure incertaine, car aucun document ne témoigne d'une telle évolution.

Après l'installation de l'islam en Iran, les mages disparaissent et il est significatif que les communautés zoroastriennes postislamiques (Guèbres d'Iran, Parsis de l'Inde) n'utilisent jamais le terme de « mage » pour désigner leurs prêtres, mais celui de destûr, « savant », « docteur ».

Quant à la prétendue magie des mages iraniens, elle tient à un malentendu. Les auteurs grecs classiques avaient affaire, lorsqu'ils se documentaient sur l'Iran, à des mages qui, d'une part, étaient eux-mêmes « hellénisés » et qui, d'autre part, étant installés en Mésopotamie, en Chaldée, en Anatolie, etc., avaient adopté nombre de coutumes étrangères à l'Iran. On aboutit ainsi à un paradoxe : la sorcellerie et l'astrologie, qui sont maudites par Zarathoushtra dans les gâthâs (hymnes composés par lui), deviennent, aux yeux des Grecs et de tout l'Occident à leur suite, la spécialité propre des mazdéens.

On notera, enfin, que des mages venus d'Iran implantèrent en Inde un culte solaire qui devait beaucoup au mazdéisme et qui survécut pendant les premiers siècles de l'ère chrétienne, avant de se fondre dans l'hindouisme.

—  Jean VARENNE

Écrit par :

  • : docteur ès lettres, professeur à l'université de Lyon-III

Classification


Autres références

«  MAGES  » est également traité dans :

ZOROASTRISME

  • Écrit par 
  • Jean de MENASCE
  •  • 5 869 mots

Dans le chapitre « Le culte »  : […] La persistance du culte zoroastrien offre des données plus sûres. Le Yasna est tout entier consacré au sacrifice du haoma et les rubriques, notées en pehlevi, sont, dans l'ensemble et avec des variantes assez légères, encore en vigueur aujourd'hui. Le pressurage de tiges de haoma (sanskrit : soma ) fournit une liqueur qui est consommée dans un mélange de lait et d'eau en offr […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/zoroastrisme/#i_19356

Pour citer l’article

Jean VARENNE, « MAGES », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 06 novembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/mages/