MOLÉ LOUIS MATTHIEU comte (1781-1855)

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Héritier de deux illustres familles parlementaires, sa mère étant née Lamoignon, Molé achève son éducation dans l'émigration après l'exécution de son père en 1794. Il rentre en France à la fin du Directoire et est réintégré dans tous ses biens sous le Consulat. Il accepte alors de servir Napoléon qui le comble de faveurs : auditeur puis maître des requêtes au Conseil d'État, préfet de la Côte-d'Or, directeur des Ponts et Chaussées, conseiller d'État, comte d'Empire, ministre de la Justice (novembre 1813). En mars 1815, il refuse de reprendre ce portefeuille que lui offre Napoléon, mais accepte son ancienne direction des Ponts et Chaussées ; il évite cependant de siéger au Conseil d'État et à la Chambre des pairs où l'avait placé l'empereur. Par une exceptionnelle indulgence, Louis XVIII, en juillet 1815, le laisse en possession de sa direction et le nomme pair de France. Ministre de la Marine (août 1817), Molé suit dans sa retraite Richelieu pour qui il professe une grande admiration, et, dès lors, il siège dans l'opposition à la Chambre des pairs. Rallié à la monarchie de Juillet, il en est le premier ministre des Affaires étrangères (août-novembre 1830), et proclame le principe de « non-intervention » qui permet de sauvegarder la paix menacée. En septembre 1836, il devient président du Conseil et ministre des Affaires étrangères : Louis-Philippe ne pouvait mieux trouver qu'en lui l'instrument docile d'une politique royale plus personnelle. Molé dirige deux ministères successifs jusqu'en mars 1839 ; il est alors renversé par la « coalition immorale » de tous les ambitieux irrités d'être tenus en dehors des pâturages du pouvoir. Après la révolution de 1848, il siège à la Constituante puis à la Législative ; c'est un des « burgraves » du comité directeur de la coalition des partis conservateurs, mais il sera écarté définitivement de la vie politique par le coup d'État de Louis-Napoléon.

Homme de grandes capacités et de plus grande souplesse encore, gouvernant sans génie mais observateur perspicace, Molé laisse des Mémoires, trop souvent malveillants et vaniteux pour que la véracité n'en soit jamais suspecte, mais importants pour connaître le personnel politique de tous les régimes dont il fut le serviteur.

—  Guillaume de BERTHIER DE SAUVIGNY

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Guillaume de BERTHIER DE SAUVIGNY, « MOLÉ LOUIS MATTHIEU comte (1781-1855) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 20 février 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/louis-matthieu-mole/