LIGUE DU BIEN PUBLIC

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Coalition féodale dressée contre Louis XI et, en fait, contre le développement des prérogatives royales, contre le poids de l'administration et les exigences du fisc, contre le rôle accru des gens de peu dans le gouvernement. Le frère du roi, le léger et vaniteux Charles de France, était à la tête du mouvement, mais celui-ci tenait à l'initiative de quelques princes — les ducs d'Alençon, de Bourbon et de Bretagne en particulier — auxquels se joignirent les ducs de Bourgogne et de Lorraine, les comtes d'Armagnac et de Saint-Pol, le sire d'Albret et quelques moindres seigneurs. Le duc de Bavière, celui de Clèves et l'Électeur palatin apportèrent leur alliance. Le roi d'Angleterre, en revanche, refusa de s'engager.

La petite noblesse et les officiers royaux, instruits par l'exemple lors de la Praguerie de 1440, ne se prêtèrent guère à une manœuvre où ils n'avaient rien à gagner : ceux qui ne manifestèrent pas leur loyauté envers le roi s'arrangèrent pour louvoyer entre les partis. Quant aux bourgeois, ils se méfièrent du « bien public » tel que le concevaient les grands.

La révolte éclata en mars 1465, mais, dès le début, les vassaux des princes les suivirent fort mal, en sorte que la lenteur des événements laissa Louis XI préparer sa riposte. Il manqua cependant sa campagne contre le duc de Bourbon et dut rejoindre d'urgence Paris pour empêcher les armées de Bourgogne et de Bretagne de faire leur jonction dans la capitale. Une bataille indécise (Montlhéry, 16 juillet 1465) mit fin à la guerre. Chacun se proclama vainqueur et se retira. Les Parisiens, en refusant d'ouvrir leurs portes aux coalisés, et les Normands, en ravitaillant l'armée royale, sauvèrent Louis XI (août).

Celui-ci se pressa alors de faire de notables concessions aux principaux chefs de la Ligue pour les amener à la paix : ce furent les traités de Conflans et de Saint-Maur (octobre 1465). Le roi donna à son frère la Normandie — qu'il lui reprit l'hiver suivant, sous prétexte de l'aider à s'en faire obéir — et offrit à Charles le Téméraire des seigneuries et la main de sa fille Anne. Les plus modestes ligueurs n'eurent rien.

—  Jean FAVIER

Écrit par :

  • : membre de l'Institut, directeur général des Archives de France

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NEMOURS JACQUES D'ARMAGNAC duc de (1437-1477)

  • Écrit par 
  • Jean FAVIER
  •  • 249 mots

Petit-fils du connétable Bernard d'Armagnac, qui fit figure de chef de parti sous le règne de Charles VI après l'assassinat de Louis d'Orléans, Jacques d'Armagnac appartint à l'entourage de Charles VII, fut gouverneur du dauphin Louis et se vit enfin confier, en 1463, la direction des opérations militaires en Roussillon. Comme beaucoup d'autres grands féodaux, il estima que Louis XI récompensait m […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/jacques-d-nemours/#i_3557

Pour citer l’article

Jean FAVIER, « LIGUE DU BIEN PUBLIC », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 16 octobre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/ligue-du-bien-public/