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LETTRES SUR LA PEINTURE DE PAYSAGE, Carl Gustav Carus Fiche de lecture

Les Lettres sur la peinture de paysagede Carl Gustav Carus (1789-1869), publiées en deux éditions en 1831 et 1835, ont été souvent considérées comme un manifeste de l'esthétique romantique du paysage en Allemagne. Si elle n'est pas dépourvue de fondement, cette lecture tend pourtant à occulter l'extrême diversité des traditions qui nourrissent l'ouvrage, une diversité qui tient à la personnalité même de leur auteur. Médecin et homme de science, Carus fut aussi un peintre connu de ses contemporains. Sa longévité lui permit de traverser les courants intellectuels majeurs des soixante premières années du xixe siècle (romantisme, classicisme, réalisme) et de fréquenter quelques-unes des figures centrales de la réflexion sur le paysage : Caspar David Friedrich, Johann Wolfgang Goethe et Alexander von Humboldt. Produit de ces influences mêlées, les Lettres sur la peinture de paysage entretiennent un rapport ambigu avec la réflexion strictement « romantique » sur l'art du paysage. Tout en portant la marque du contact avec Friedrich et plus généralement avec la Naturphilosophie romantique, elles s'en détachent néanmoins nettement pour rejoindre avec Humboldt et Goethe une vision plus scientifique ou plus naturaliste du paysage – une évolution que la rédaction remarquablement lente des Lettres (1815-1835) rend particulièrement sensible.

Filiation romantique

Selon un topos de la littérature romantique, Carus commence par développer dans ses premières lettres une définition résolument subjective du paysage, qu'il associe avec insistance aux notions de « cœur », d'« âme » et de « sentiment ». La fonction du genre paysager est de « représenter une certaine tonalité[Stimmung]de la vie intérieure par la reproduction d'une tonalité correspondante de la vie naturelle » – une formulation qui s'inscrit dans le droit fil des Leçons sur l'art d'August Wilhelm Schlegel (1801-1802). Cette mission à la fois subjective et affective du paysage se double d'une vocation religieuse affirmée. Comme pour Friedrich Wilhelm Joseph Schelling, qui l'a beaucoup inspiré, la nature est secrètement habitée selon Carus d'une présence divine que l'art, et notamment l'art du paysage, a pour tâche de révéler. La rencontre à Dresde avec Friedrich en 1816 permit à Carus d'incarner dans plusieurs tableaux ces principes romantiques.

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. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

Autres références

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