LES PASSIONS DE L'ÂME, René DescartesFiche de lecture

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Une nouvelle anthropologie

Quels que soient les emprunts de Descartes à ses prédécesseurs, il est clair que son traité des passions marque une rupture radicale dans la conception de l'homme. La théorie aristotélicienne de l'âme comme « forme du corps » n'est plus recevable par la science. Il faut donc lui préférer celle de l'union de l'âme et du corps. Que celle-ci n'ait aucun caractère de nécessité, sur le plan métaphysique, ne doit pas empêcher de considérer l'homme comme « être par soi », même si l'on ne peut plus parler, comme le faisaient les scolastiques, de « substance », le terme ne s'appliquant désormais, en toute rigueur, qu'à la pensée et à l'étendue, radicalement hétérogènes.

La princesse Élisabeth de Bohême, dédicataire des Principia Philosophiæ, avait, dans une très riche correspondance, forcé le philosophe à méditer les conséquences de ses recherches sur le problème traditionnel de la vita beata, la vie heureuse. Loin de juger que les passions soient contraires au bonheur, Descartes affirme que la sagesse « enseigne à s'en rendre tellement maître et à les ménager avec tant d'adresse, que les maux qu'elles causent sont fort supportables, et même qu'on tire de la joie de tous » (art. 212) ; le généreux est celui qui, comme le magnanime de l'Éthique d'Aristote, « peut se légitimement estimer » (art. 153) – mais parce qu'il sait disposer librement de ses volontés, et ne devoir « être loué ou blâmé » que pour l'usage qu'il en fait.

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François TRÉMOLIÈRES, « LES PASSIONS DE L'ÂME, René Descartes - Fiche de lecture », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 27 janvier 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/les-passions-de-l-ame/