ARTABAN LES

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Plusieurs rois parthes arsacides portèrent le nom d'Artaban. La lutte que la tribu iranienne des Parthes engagea, sous l'impulsion d'Arsakès, contre les Séleucides, vers ~ 250, avait pour objectif dernier, au-delà de la reconquête de l'indépendance nationale, la reconstitution d'un empire iranien comparable à celui des Achéménides. Arsakès, le fondateur de la dynastie, s'affranchit pratiquement de la tutelle hellénistique, mais ne put mener ses ambitions jusqu'à leur terme. Il mourut au combat, dans une bataille contre les Bactriens. Les luttes que se livrèrent les Lagides et les Séleucides permirent à son frère de reprendre le flambeau de la renaissance iranienne. Tiridate (~ 248-~ 217) accrut le territoire national par la conquête de l'Hyrcanie, battit les forces séleucides et prit le titre de Grand Roi, inaugurant l'ère des Parthes (~ 247). Arsakès fut divinisé et la dynastie rattachée aux Achéménides par une généalogie qui faisait des deux frères les petits-fils d'Artaxerxès II.

Artaban Ier était le fils de Tiridate. Il régna de ~ 211 à ~ 191 et s'empara d'Ecbatane, mais le Séleucide Antiochus II le Grand réagit : laissant à Antioche son fils aîné Antiochus comme corégent, sous la tutelle de la reine Laodice, il prit, à la tête de ses armées, le chemin de l'Orient pour réussir là où avait échoué Séleucos II Kallinikos. Il battit Artaban Ier, s'empara de sa capitale et parcourut tout le territoire parthe jusqu'à l'Hyrcanie. La Parthyène se retrouva ainsi dépendante du royaume séleucide. Toutefois, Artaban ne fut pas déposé par son vainqueur qui lui reconnut le titre de roi des Parthes.

Artaban II, roi des Parthes de ~ 127 à ~ 124, était l'oncle de Phraate II, lui-même fils de Mithridate (~ 171-~ 138) qui avait fait de la Parthyène un grand empire et repris le titre de Grand Roi. Phraate II, après avoir écrasé le Séleucide Antiochus VII Sidète (~ 164-~ 129) grâce à l'intervention des archers à cheval qui constituaient la force la plus efficace des armées parthes, mettant de façon définitive l'empire hellénistique hors d'état d'intervenir à l'est de l'Euphrate, périt sous les coups des mercenaires « scythes » qu'il avait mécontentés. L'empire parthe dut, par la suite, rester sur la défensive à ses confins orientaux. Fuyant les incursions des Huns, les populations du sud-ouest de la Mongolie continuaient à refluer vers l'ouest. C'est en combattant les hordes de ceux que les auteurs chinois appellent Yuezhi, et les auteurs classiques Tochariens, qu'Artaban II reçut la blessure dont il mourut en ~ 124.

Artaban III fut roi des Parthes entre 11 et 38 environ. Arsacide par sa mère, il était roi de Médie. Il conquit le trône de la Parthyène en combattant Vononès Ier, fils aîné de Phraate IV, qui avait été élevé à Rome avec ses trois frères et qu'Auguste avait dû renvoyer dans sa patrie pour mettre un terme aux troubles de la succession dynastique au sein de l'empire parthe. Mais Vononès, devenu étranger du fait de son éducation à l'esprit de l'Orient, fut jugé trop romanophile. Chassé par Artaban III, Vononès fut contraint de fuir en Arménie. Artaban III entretint d'abord des relations d'amitié avec l'Empire romain ; mais, une fois qu'il eut accru la puissance de son empire, il n'hésita pas à braver Rome en installant sur le trône de l'Arménie, vers 34, son propre fils Arsace. Tibère, en représailles, encouragea les efforts de prétendants rivaux au trône de l'Arménie et de la Parthyène. La situation fut encore compliquée par une invasion ibérienne de l'Arménie qu'Artaban fut incapable d'endiguer. Il dut fuir en Hyrcanie (36). Modéré par ses déboires, il consentit, au cours d'une entrevue sur l'Euphrate avec Lucius Vitellius, à un règlement de la question arménienne au profit de Rome en échange de la reconnaissance romaine de ses droits au trône de la Parthyène. Une révolution fomentée par la noblesse parthe le contraignit à un nouvel exil, mais il reconquit son trône, secondé par Izatès, le roi d'Adiabène, et mourut peu après.

La monnaie de Ctésiphon procéda, en avril 78, à deux émissions de pièces frappées respectivement à l'effigie d'un roi Pacorus II et d'un roi Vologèse Ier. Ce phénomène étrange indique, semble-t-il, que le pouvoir de [...]

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Valentin NIKIPROWETZKY, « ARTABAN LES », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 13 août 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/les-artaban/