FUCHS LEONHART (1501-1566)

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Leonhart Fuchs, également médecin humaniste, est considéré comme l’un des pères allemands de la botanique.

Né en 1501 à Wemding, dans le duché de Bavière (Allemagne), Leonhart Fuchs commence ses études classiques à l’université d’Ingolstadt en 1519, avec l’humaniste Johannes Reuchlin. Fuchs adhère aux idées protestantes. Il devient docteur en médecine en 1524 et commence à pratiquer à Munich. Il revient ensuite à Ingolstadt mais, pour des raisons d’intolérance religieuse, il entre comme médecin au service du prince Georges, margrave (marquis) de Brandebourg, à Ansbach. Il écrit beaucoup (plus de 500 livres et pamphlets) et s’oppose aux théories des médecins et philosophes arabes. Ses textes concernant l’anatomie de l’œil et ses maladies constituent une référence pour l’époque. Appelé par Ulrich, duc de Württemberg, pour participer à la réforme de l’université de Tübingen, il est nommé en 1533 professeur de médecine de cette université. Il est éditeur, commentateur et traducteur des travaux du médecin grec Claude Galien. Fuchs, qui possède un jardin privé, semble avoir été l’un des premiers à organiser des excursions dans son enseignement de la botanique. Les travaux de Hieronymus Bock (dit Tragus), d’Otto Brunfels, de Valerius Cordus et de Fuchs forment les fondements de la botanique allemande.

Leonhart Fuchs

Photographie : Leonhart Fuchs

Avec son ouvrage « De historia stirpium commentarii insignes », un des livres fondateurs de la botanique, adapté ou traduit de nombreuses fois, Leonhart Fuchs (1501-1566) est considéré comme l’un des pères de la botanique allemande. Ici son portrait vers l’âge de... 

Crédits : Ullstein - Archiv Gerstenberg/ Ullstein Bild/ AKG-images

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En 1542, l’année où commence à Bâle l’impression de la grande anatomie d’André Vésale De humani corporis fabrica libri septem, Leonhart Fuchs publie De historia stirpium commentarii insignes. Ce livre, illustré de 512 dessins précis de plantes imprimés à partir de bois gravés, est ce qu’on nomme à l’époque herbaria ou herbier. Trente-deux adaptations ou traductions de cet ouvrage seront publiées du vivant de l’auteur, de 1542 à 1560. Fruit de dix ans d’observation et de comparaison avec les livres existants, Fuchs décrit et illustre, selon l’ordre alphabétique, 400 plantes sauvages et plus de 100 plantes domestiquées avec leurs usages en médecine. Le maïs (Zea mays) et les piments originaires des Amériques, mentionnés pour la première fois, sont parmi les nouvelles espèces exotiques.

Dessin de coquelicot

Photographie : Dessin de coquelicot

Cette illustration, tirée de l’un des ouvrages de Leonhart Fuchs intitulé De historia stirpium commentarii insignes, représente un coquelicot (Papaver sativum, aujourd’hui Papaver rhoeas L.), une Papaveracée dont l’aire d’origine comprend l’ouest de l’Asie, le nord de l’Afrique... 

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Ce livre de Fuchs, dont le texte est principalement fondé sur l’ouvrage Materia medica de Dioscoride – traité de référence en matière de plantes médicinales –, est rendu accessible par un travail d’édition, de commentaire et de traduction. Si le texte ne supplante pas l’image, celle-ci est un outil pour pallier la confusion des noms attribués aux mêmes plantes. Et Fuchs y apporte un soin particulier en collaborant étroitement avec trois artistes : Albert Meyer dessine les plantes, Heinrich Füllmaurer transfère ces dessins sur le bois et Veit Rudolph Speckle en réalise la gravure. Le portrait de ces collaborateurs est inséré dans le livre. La plante est représentée dans sa taille réelle, même si parfois il ne s’agit que d’une plante jeune, ou sans racine, afin qu’elle puisse tenir dans la page.

Comme ses contemporains, pour délimiter les espèces, Fuchs se fonde sur l’apparence générale des plantes (habitus), voire sur leur odeur, leur couleur, la grandeur des feuilles, etc.

Le succès manifeste de ce livre, qui doit beaucoup à ses superbes illustrations réalistes et à une forte dynamique éditoriale, n’a été possible que par l’invention de l’imprimerie à caractères mobiles de Gutenberg, par l’introduction de la gravure sur bois dans les livres et, bien sûr, par le contenu, qui ne se limite pas à de simples commentaires d’ouvrages antérieurs.

Fuchs meurt le 10 mai 1566 à Tübingen. En 1703, Charles Plumier lui dédiera le « fuchsia », plante découverte sur l’île de Saint-Domingue à la fin du xviie siècle. Carl von Linné confirmera ce nom.

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Dessin de coquelicot

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  • Écrit par 
  • Lucien PLANTEFOL, 
  • Hervé SAUQUET
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Dans le chapitre « XVIe siècle »  : […] L'Allemand Brunfels, dans son Herbarum vivae icones (1530), recense la flore des environs de Strasbourg et de la rive gauche du Rhin, résultat d'herborisations qui constituent une pratique botanique nouvelle ; il énumère sans aucune méthode une série d'espèces végétales parmi lesquelles un certain nombre n'étaient pas encore connues. C'est encore un Allemand, Jérôme Bock, dit Tragus, qui, dans so […] Lire la suite

Pour citer l’article

Denis LAMY, « FUCHS LEONHART - (1501-1566) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 10 janvier 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/leonhart-fuchs/