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LE BEAU SERGE, film de Claude Chabrol

Le Beau Serge est le premier long-métrage de la Nouvelle Vague. Le film est autoproduit par Claude Chabrol lui-même, avec l'argent d'un héritage familial. Il est réalisé en plein hiver 1957-1958, à Sardent, village de la Creuse où Chabrol (1930-2010), fils d'un pharmacien parisien du XIVe arrondissement, avait passé les quatre années d'occupation.

Chabrol fait partie du « gang Schérer », le groupe des jeunes critiques des Cahiers du cinéma réunis autour de Maurice Schérer (dont le pseudonyme est Éric Rohmer). Il a entamé des études de droit et s'est passionné pour le cinéma américain populaire et les romans policiers. Il écrit d'ailleurs quelques nouvelles dans Mystère Magazine avant d'être attaché de presse pour la société Fox. En 1957, il signe avec son ami Éric Rohmer le premier livre consacré à Alfred Hitchcock dans la collection Classiques du cinéma, que dirige Jean Mitry.

Parce qu'il est autoproduit en dehors du système, ce premier film aura quelques difficultés à être distribué et devra attendre dix-huit mois après son tournage. Mais la prime à la qualité qu'il obtient du C.N.C. et les ventes à l'étranger remboursent en grande partie ses frais de tournage avant sa distribution. Cela permet à Chabrol de réaliser un second film avec un budget plus confortable et un coproducteur professionnel, Les Cousins. Ces deux premiers films sont distribués en février et mars 1959 dans deux salles des Champs-Élysées. Les Cousins est un triomphe commercial. La Nouvelle Vague est lancée. Le festival de Cannes de cette année-là confirme ce mouvement de rénovation avec la sélection des Quatre Cents Coups et d'Hiroshima mon amour.

Un messie maladroit

François, étudiant parisien d'origine provinciale, sort d'un sanatorium. Pour respirer un air pur, il revient en plein hiver dans le petit village de Sardent qu'il a connu quand il était enfant. Il retrouve l'un de ses amis, Serge, devenu gravement alcoolique. Celui-ci s'est marié avec Yvonne car elle était enceinte ; leur enfant mongolien meurt à la naissance. François fait la connaissance d'une jeune fille aux mœurs légères, Marie. Il a une brève liaison avec elle. Celle-ci vit avec son père adoptif qui va abuser d'elle. François tente d'aider son ami Serge. À l'issue d'un bal de village, ils se battent à propos de Marie. Yvonne met au monde un nouvel enfant alors que François est allé rechercher Serge pour qu'il assiste à cette nouvelle naissance.

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Écrit par

  • : professeur à l'université de Paris-III-Sorbonne nouvelle

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

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